La FCEI critique la hausse du salaire minimum qui entre en vigueur dimanche

La FCEI affirme que si fardeau fiscal des PME était réduit, celles-ci augmenteraient les conditions salariales dans plus de 70 % des cas.
Getty Images/iStockphoto La FCEI affirme que si fardeau fiscal des PME était réduit, celles-ci augmenteraient les conditions salariales dans plus de 70 % des cas.

La Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) affirme que la hausse de 5,56 % du salaire minimum au Québec, à 14,25 $ l’heure, qui entrera en vigueur dimanche, entraînera un impact négatif significatif sur les activités de plus de la moitié de ses membres. De son côté, le Collectif pour un Québec sans pauvreté considère cette hausse comme « irresponsable et insultante ».

Depuis l’automne dernier, le Collectif revendique un salaire minimum d’au moins 18 $ l’heure. Il estime que c’est le montant nécessaire pour sortir de la pauvreté en travaillant à temps plein au Québec. En 2021, 855 100 travailleurs gagnaient 18 $ l’heure ou moins.

La porte-parole du Collectif, Virginie Larivière, considère que la majoration du salaire minimum de 75 cents ne suffit pas à compenser pour la hausse du coût de la vie de la dernière année. De plus, elle souligne que c’est le statu quo pour les personnes qui gagnent entre 14,25 $ et 18 $.

« Avec son augmentation ridicule du salaire minimum, non seulement le gouvernement refuse-t-il d’aider ces personnes à sortir de la pauvreté, mais il les regarde s’appauvrir sans broncher », dénonce par voie de communiqué Mme Larivière.

Elle rappelle qu’entre mars 2019 et mars 2021, les banques alimentaires du Québec ont connu une hausse de 40 % des personnes avec un revenu d’emploi ayant eu recours à leurs services. Mme Larivière croit que cette tendance ne s’inversera pas prochainement en raison de l’inflation.

Le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet, a fait savoir en mars dernier qu’il n’est pas fermé à l’idée que le salaire minimum atteigne ou même dépasse les 15 $ l’heure en 2023, en autant que le salaire horaire moyen atteigne les 30 $ ou plus.

« Le ministre se cache derrière un postulat économique fort douteux pour justifier ses hausses timides. Selon ce postulat, un salaire minimum dépassant 50 % du salaire moyen entraînerait de lourdes pertes d’emploi », indique Virginie Larivière. Or, elle soutient que plusieurs provinces canadiennes ont dépassé ce seuil au cours des dernières années sans impacts négatifs sur l’emploi, telles que la Nouvelle-Écosse, la Colombie-Britannique, l’Ontario, l’Alberta et l’Île-du-Prince-Édouard.

La porte-parole du Collectif souhaite que le ministre Boulet ait la même empathie envers les travailleurs que celle qu’il a envers les entreprises qui ont souffert durant la pandémie.

Endettement des entreprises

 

Un calcul de la FCEI indique que le salaire minimum horaire qui sera porté à 14,25 $ occasionnera des coûts supplémentaires de 237,1 millions $ aux entreprises qui sont déjà frappées par des augmentations de coûts.

Le vice-président pour le Québec à la FCEI, François Vincent, ajoute que les deux ans de restrictions sanitaires ont laissé un endettement moyen de 108 000 $ par petite et moyenne entreprise (PME) québécoise ainsi que des revenus sous la normale pour une majorité d’entre elles.

Une consultation par la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante indique que pour 79 % de ses membres, le meilleur moyen pour les accompagner lors d’une hausse du salaire minimum serait de réduire le fardeau fiscal global, ou, à 73 %, de baisser les taxes sur la masse salariale. D’autre part, 58 % espèrent des crédits d’impôt.

La FCEI affirme que si le fardeau fiscal des PME était réduit, celles-ci augmenteraient les conditions salariales dans plus de 70 % des cas.

La Fédération suggère des mesures plus efficaces qu’une hausse considérable du salaire minimum, à son avis, pour lutter contre la pauvreté. Elle propose une bonification du montant personnel de base, l’amélioration des primes au travail ou les crédits d’impôt ciblés qui bénéficieraient directement aux employés à bas salaire sans créer de pression supplémentaire sur les PME déjà fragiles.

La FCEI dit compter 95 000 membres dans tous les secteurs d’activité.

À l’occasion de la Journée internationale des travailleuses et des travailleurs, le 1er mai, le Collectif pour un Québec sans pauvreté et ses partenaires participeront aux activités du jour sous le thème « pour vivre comme du monde ». Leur but est de rappeler au gouvernement que « pour vivre comme du monde » il faut un salaire minimum à 18 $ l’heure.

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