Une initiative d’ici afin d’électrifier les autobus scolaires

L’initiative rassemble plus d’une quinzaine d’organismes issus du milieu scolaire et des groupes environnementaux.
Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne L’initiative rassemble plus d’une quinzaine d’organismes issus du milieu scolaire et des groupes environnementaux.

À la veille du Jour de la Terre, Équiterre et Green Communities Canada lancent l’Alliance canadienne pour l’électrification des autobus scolaires, une nouvelle initiative destinée à rendre électriques tous les autobus scolaires du pays d’ici 2040.

« Ce qu’on veut avec cette alliance, c’est travailler au mieux-être de nos enfants en accélérant la décarbonisation du transport scolaire partout au Canada », explique Andréanne Brazeau, analyste en mobilité chez Équiterre, en entrevue au Devoir.

L’initiative, dont l’objectif est « d’obtenir des engagements politiques plus ambitieux, à la fois au provincial et au fédéral », rassemble plus d’une quinzaine d’organismes issus du milieu scolaire et des groupes environnementaux.

« Le célèbre bus jaune nord-américain [transporte] les enfants à l’école depuis les années 1930, alimenté presque exclusivement par des combustibles fossiles », mentionne Équiterre par communiqué. « C’est encore le cas aujourd’hui », poursuit-on, même si le Canada s’est engagé, dans son récent plan pour le climat, à soutenir les organismes de transport en commun et les conseils scolaires dans la transition de leurs parcs d’autobus vers des technologies zéro émission.

S’inspirer du Québec

Pour favoriser la transition vers l’énergie électrique, l’Alliance compte « outiller les provinces qui en ont le plus besoin », en s’inspirant notamment de l’exemple du Québec, qui a déjà mis en place une série de mesures pour favoriser l’achat d’autobus scolaires électriques, précise Mme Brazeau.

Dans son Plan pour une économie verte, le gouvernement Legault s’est fixé l’objectif de remplacer 65 % des autobus scolaires au diesel en circulation par des modèles électriques d’ici 2030. Pour y parvenir, la province a réservé une enveloppe de 250 millions de dollars à l’électrification des véhicules des transporteurs scolaires. En outre, depuis l’été dernier, Québec exige que tout nouvel autobus scolaire « soit propulsé à l’électricité ».

Des efforts qui méritent d’être imités ailleurs au Canada, croit Mme Brazeau, même si le Québec doit lui aussi peser sur l’accélérateur pour atteindre son objectif. Au Québec, en date de janvier 2021, seulement 130 autobus scolaires étaient électriques, selon les données du gouvernement, ce qui ne représente qu’environ 1 % de l’ensemble du parc.

Puisque le transport routier représente le quart des émissions de gaz à effet de serre au Canada, il est « grand temps » d’encourager l’électrification des autobus scolaires pour améliorer le bilan climatique, juge Équiterre.

En données

51 000 : C’est le nombre approximatif d’autobus scolaires au pays.

1 % : C’est à peu près la part des autobus scolaires électriques dans l’ensemble du parc canadien. Environ 70 % sont alimentés au diesel ; les autres fonctionnent au gaz naturel ou à l’essence ordinaire.

75 % : Le Québec, les Maritimes, la Colombie-Britannique et l’Ontario représentent les trois quarts de tout le parc d’autobus scolaires canadien.

800 000 : C’est le nombre de tonnes de gaz à effet de serre qui pourraient ne pas être produites « au cours des prochaines années » si le Québec parvient à atteindre sa cible d’électrifier 75 % des autobus scolaires de la province d’ici 2030, selon les calculs du gouvernement.

Sources : Équiterre, gouvernement du Québec



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