Desjardins veut accélérer l’essor de l’identité numérique

Déployée à grande échelle, l’identité numérique permettrait d’identifier et d’authentifier de façon sécuritaire et confidentielle les citoyens et clients.
Photo: Valérian Mazataud Archives Le Devoir Déployée à grande échelle, l’identité numérique permettrait d’identifier et d’authentifier de façon sécuritaire et confidentielle les citoyens et clients.

Pour accélérer le développement d’un « écosystème d’identité numérique », le Mouvement Desjardins injecte 845 000 $ dans le Laboratoire d’identité numérique du Canada, un organisme qui coordonne à l’échelle canadienne la conformité de ce type d’initiatives.

Le but : accélérer la co-opérabilité des solutions d’identités numériques à l’échelle du pays et de la province.

Déployée à grande échelle, l’identité numérique permettrait d’identifier et d’authentifier de façon sécuritaire et confidentielle les citoyens et clients, dit Mathieu Desrosiers, responsable de l’identité numérique chez Desjardins. Celle-ci s’appuie sur les attestations numériques qui pourraient être délivrées au fil des ans par les gouvernements, les institutions financières, les entreprises et d’autres organisations. Le gouvernement du Québec annonçait en 2020 l’investissement de 41,8 millions de dollars pour faciliter la création d’une identité numérique d’ici.

Des solutions à plus petite échelle existent déjà dans le secteur privé. L’application Vérifiez.Moi de Secure Key — une entreprise rachetée en octobre par Interac — a été développée en collaboration avec les grandes banques canadiennes et Desjardins. Elle permet notamment de vérifier l’identité d’une personne en utilisant les renseignements personnels déjà divulgués à ces institutions.

« Mais dans un monde plus mature d’identité numérique, il y aura plusieurs attestations qui viendront se greffer au portefeuille d’identité numérique d’une personne, dit M. Desrosiers. Une université pourra délivrer des attestations d’études universitaires ; [une entreprise de télécommunications] pourra remettre une attestation de client. »

Encore faut-il coordonner les initiatives. C’est ce qui explique que Desjardins injecte 845 000 $ dans le Laboratoire d’identité numérique du Canada (IDLab). Créé en 2020, l’organisme cherche à assurer la conformité et l’interopérabilité des différentes solutions d’identité numérique en déployant, entre autres choses, l’infrastructure infonuagique nécessaire à sa réalisation.

À ce jour, non seulement travaille-t-elle avec des organisations, mais elle collabore avec cinq gouvernements : ceux du Québec, de l’Ontario, de la Colombie-Britannique et de la Saskatchewan, et le fédéral.

845 000
C’est le montant que le Mouvement Desjardins a choisi d’injecter dans le Laboratoire d’identité numérique du Canada.

Le directeur général d’IDLab, Pierre Roberge, rappelle que, dans les faits, chaque citoyen doit jongler avec une centaine d’identités qui diffèrent selon les circonstances : « Je peux être citoyen québécois, employé ou dirigeant d’une entreprise ; je peux être un assuré pour être chauffeur Uber à la Ville de Montréal. » Évidemment, le « niveau de confiance » des attestations diffère selon l’organisme qui les délivre, et chaque système de vérification doit en tenir compte. « Un passeport ou un permis de conduire n’a pas la même valeur qu’une carte d’abonnement à une bibliothèque », dit-il.

Les « identités fondamentales » seront celles délivrées par les autorités et les gouvernements. Au Québec, quatre organismes gouvernementaux collaborent à la conception de telles attestations : l’Agence du revenu du Québec, le ministère du Travail, la Régie de l’assurance maladie du Québec et Retraite Québec.

Si le concept d’identité numérique n’est pas nouveau, « on est en train d’arriver à une version qui permet de façon cryptographique et mathématique de savoir qui a délivré l’attestation et de vérifier que le document est authentique et qu’il n’a pas été modifié. Cette capacité de faire ces trois choses, c’est relativement nouveau », explique-t-il.

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