Les négos entre Ottawa et l’AFPC débutent avec un bon écart et une vision différente

Selon l’AFPC, le Conseil du Trésor a déposé des offres variant entre 1,5% et 2% par année.
Photo: Getty Images Selon l’AFPC, le Conseil du Trésor a déposé des offres variant entre 1,5% et 2% par année.

Les négociations entre le gouvernement fédéral et l’Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC) pour le renouvellement des conventions collectives débutent avec un bon écart entre les parties et, surtout, une vision fort différente du contexte économique actuel au pays.

Alors que l’AFPC évoque la poussée inflationniste et réclame des augmentations qui en tiennent compte pour ses membres, le Conseil du Trésor fédéral affirme qu’il doit présenter des offres « qui sont raisonnables pour les Canadiens » et qu’il doit aussi tenir compte des répercussions de la pandémie de COVID-19.

Le plus grand syndicat de fonctionnaires au pays affirme avoir déposé des demandes d’augmentation de 4,5 % par année, en lien avec l’inflation, « pour aider les travailleuses et travailleurs à maintenir la tête hors de l’eau et pour s’assurer que les membres de l’AFPC et leurs familles ne soient pas laissés de côté ».

« Le taux d’inflation a atteint 3,4 % l’an dernier et il devrait dépasser largement les 4 % cette année », indique l’Alliance.

Selon l’AFPC, le Conseil du Trésor a déposé des offres variant entre 1,5 % et 2 % par année lors d’une rencontre sur les points communs aux différents groupes de fonctionnaires fédéraux, du 28 au 31 mars.

Le Conseil du Trésor n’a pas voulu confirmer ces chiffres lorsqu’interrogé à ce sujet. II a répondu qu’il restait déterminé à négocier de bonne foi, mais qu’il devait aussi tenir compte du contexte économique actuel, « à un moment où les Canadiens sont aux prises avec des pertes d’emplois et des difficultés financières en lien avec la pandémie, auxquelles ses membres [de l’Alliance] n’ont pas été confrontés ».

« Nos offres à tous les agents négociateurs tiennent compte de la situation économique actuelle, notamment les ententes conclues visant d’autres conventions collectives, la capacité du gouvernement d’attirer et de maintenir en poste des employés hautement qualifiés, les conditions d’emploi au gouvernement fédéral relativement à d’autres milieux de travail canadiens et la gestion financière responsable », a fait valoir le Secrétariat du Conseil du Trésor par courriel.

Si le gouvernement pense qu’il va refiler la note de la pandémie à nos membres, il se trompe

 

« Le gouvernement du Canada reste déterminé à négocier de bonne foi et à conclure des ententes équitables pour les employés, qui tiennent compte du contexte économique actuel et qui sont raisonnables pour les Canadiens », a-t-il ajouté.

L’Alliance qualifie ces offres gouvernementales de ridicules. « C’est une insulte à nos membres qui servent la population canadienne sur la ligne de front depuis le début de la pandémie. Si le gouvernement pense qu’il va refiler la note de la pandémie à nos membres, il se trompe », a affirmé le président national de l’AFPC, Chris Aylward.

Il affirme que les deux parties ne sont « pas sur la même longueur d’onde » pour le moment. « Si le Conseil du Trésor ne présente pas une offre qui tient compte de la montée vertigineuse du coût de la vie, nous n’aurons d’autre choix que d’intensifier nos moyens de pression à l’échelle du pays, voire de procéder à des votes de grève. »

L’AFPC invite ses membres à faire monter la pression sur le gouvernement Trudeau. Elle tiendra notamment une « journée d’action virtuelle » le 14 avril. « Nous inonderons les boîtes vocales des députés pour réclamer des salaires équitables et de meilleures conditions de travail », prévient l’organisation syndicale.

L’AFPC mise sur le budget pour compenser les ratés de Phénix

Le plus important syndicat de la fonction publique fédérale espère que le gouvernement réservera dans le budget de jeudi des sommes pour les employés qui sont toujours victimes des ratés du système de paie Phénix.

 

Chris Aylward, président de l’Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC), affirme que certains employés du gouvernement fédéral sont encore surpayés ou sous-payés, près de six ans après le lancement du nouveau système de rémunération. Il estime que le gouvernement fédéral devrait embaucher plus de conseillers pour passer au crible et traiter des milliers de cas en suspens dans l’arriéré gouvernemental. Certains de ces cas remontent à 2016, lorsque le gouvernement a démarré le système Phénix.

 

Selon M. Aylward, il y a encore des problèmes pour les travailleurs transférés entre ministères et agences, qui doivent parfois attendre des mois pour que leur nouveau salaire les suive. Le leader syndical a également souligné que les employés qui ont récemment quitté la fonction publique ont attendu des mois ou des années avant de toucher leur dernière paie.

 

L’AFPC demande au gouvernement de mettre de côté des fonds dans le budget pour régler les problèmes liés à Phénix et d’ouvrir une enquête sur toute cette affaire, que M. Aylward a qualifiée de « honte nationale ».



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