Le chèque de 500 $ est le meilleur choix dans les circonstances, dit le ministre Girard

La mesure était « supérieure à tout ce qui était proposé », juge le ministre. Il l’a comparée aux propositions de geler les tarifs d’électricité ou de baisser les taxes à la consommation « qu’on aurait dû remonter après ».
Jacques Boissinot La Presse canadienne La mesure était « supérieure à tout ce qui était proposé », juge le ministre. Il l’a comparée aux propositions de geler les tarifs d’électricité ou de baisser les taxes à la consommation « qu’on aurait dû remonter après ».

Critiquée par l’opposition, la décision de verser un chèque de 500 $ à la très grande majorité des contribuables était la meilleure solution pour aider les ménages à composer avec la flambée de l’inflation, a défendu le ministre des Finances, Eric Girard, lors d’une allocution devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, lundi.

« Lorsqu’on est ministre des Finances, on maximise sous contrainte et incertitude, a dit le ministre devant l’auditoire composé de gens d’affaires. C’est-à-dire qu’on fait la meilleure mesure dans des circonstances sous-optimales. »

Mesure phare du budget dévoilé la semaine dernière, le gouvernement versera un chèque de 500 $ aux contribuables gagnant 100 000 $ ou moins afin de les aider à absorber l’inflation plus forte que prévu. La mesure touche 6,4 millions de personnes.

La décision a été décriée par l’opposition qui accuse la mesure d’être « électoraliste ». Les partis d’opposition ont aussi remis en question la pertinence d’accorder une aide aux contribuables ayant des revenus pouvant aller jusqu’à 100 000 $, voire plus si on considère la déduction fiscale pour la contribution au REER.

M. Girard juge, pour sa part, que la compensation de 500 $ n’est pas électoraliste. Il souligne que Revenu Québec a eu la consigne de verser le 500 $ à partir des déclarations traitées le 23 mars. « Je ne peux pas être plus loin de l’élection que ça. Je ne peux pas donner le 500 $ avant de l’avoir annoncé. »

La mesure était « supérieure à tout ce qui était proposé », juge le ministre. Il l’a comparée aux propositions de geler les tarifs d’électricité ou de baisser les taxes à la consommation « qu’on aurait dû remonter après ».

Trop de chèques ?

L’économiste en chef du Mouvement Desjardins, Jimmy Jean, croit cependant que le gouvernement Legault aurait dû offrir un soutien à un bassin plus restreint de ménages. « Ne perdons pas de vue le fait que les ménages à revenu moyen et élevé disposent encore d’un important excédent d’épargne, commente-t-il dans une note publiée vendredi. Ils ont ainsi des options à leur disposition et n’ont pas besoin de l’aide du gouvernement. »

Le gouvernement aide davantage les ménages à plus faible revenu lorsqu’on tient compte des mesures annoncées en novembre dernier lors de la mise à jour économique, a répondu M. Girard en entrevue après son allocution. Versée en janvier, une autre contribution de 400 $ pour un couple ou de 275 $ pour une personne vivant seule était destinée à 3,3 millions de contribuables, a-t-il souligné.

Avec son budget, le gouvernement voulait que la nouvelle mesure soit élargie à un plus grand nombre de personnes. « C’est une question de rejoindre le plus de personnes possible sur un panier de consommation de base, c’est-à-dire le premier 25 000 $ de consommation. »

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