Changement de direction à La Maison Simons

Peter Simons restera tout de même impliqué dans l’entreprise fondée en 1840 par John Simons à Québec, en tant que chef marchand et membre du conseil consultatif.
Photo: Jason Franson La Presse canadienne Peter Simons restera tout de même impliqué dans l’entreprise fondée en 1840 par John Simons à Québec, en tant que chef marchand et membre du conseil consultatif.

Peter Simons ne sera plus à la tête des 15 boutiques de vêtements Simons. Il a annoncé mardi qu’il cédait le poste de président-directeur général à Bernard Leblanc. « C’est une bonne nouvelle pour moi, je suis fier, c’est un bon choix, a indiqué M. Simons, qui travaillait pour l’entreprise familiale depuis 35 ans. L’entreprise va bien, sa santé financière est solide, on a une bonne équipe de gestionnaires, le conseil d’administration, qui est fort, est un soutien important pour Bernard. »

M. Simons restera tout de même impliqué dans l’entreprise fondée en 1840 par John Simons à Québec, en tant que chef marchand et membre du conseil consultatif. Lui et son frère Richard Simons, membres de la cinquième génération à avoir dirigé la compagnie, demeurent actionnaires de contrôle. L’ancien p.-d.g. a souligné qu’un conseil de famille sera notamment le gardien des valeurs de l’entreprise.

« Le rôle le plus important d’un p.-d.g. est la succession. C’est un défi pour une entreprise familiale. […] Je voulais être proactif. J’ai vu beaucoup de cas où les entreprises ont souffert parce que les chefs se sont accrochés à leur rôle », a dit M. Simons.

Pour sa part, M. Leblanc a travaillé en tout une douzaine d’années pour La Maison Simons et était jusqu’à maintenant vice-président à la direction et chef des opérations de l’entreprise. Selon lui, le virage numérique entamé il y a une douzaine d’années est un élément clé qui a permis à la chaîne de vêtements de traverser la pandémie avec succès. Le numérique continuera d’être important pour l’entreprise, puisqu’il représente environ le tiers de ses ventes. « Pour prendre en charge ce volume additionnel de commandes via les réseaux numériques, on a automatisé nos opérations de distribution, et ça nous permet de traiter plus de volume de façon plus efficace », a souligné le nouveau p.-d.g.

M. Leblanc affirme qu’il poursuivra le développement de la marque en magasin, en ligne, sur les réseaux sociaux et « peut-être un jour le métavers » en mettant le client, l’humanité et le respect au cœur de sa culture. Il a aussi indiqué que Simons s’engage à augmenter le pourcentage des produits qui visent une réduction de l’empreinte écologique.

Une relève bien préparée

Selon le professeur émérite de HEC Montréal Jacques Nantel, cette nouvelle est réjouissante, puisqu’elle montre que M. Simons a pris soin de bien préparer la relève. « Peter Simons est remarquable à bien des égards. C’est probablement le détaillant le plus inspirant au Québec. Dans ses actions, par le courage démontré, notamment dans le réalignement de son entreprise, il a servi d’inspiration à beaucoup d’autres détaillants », a affirmé le spécialiste du commerce de détail.

M. Nantel estime qu’un élément de la réussite de Simons est sa culture très forte. « Si on vous bandait les yeux et qu’on vous débarquait dans le magasin, sans même voir le nom Simons, vous sauriez que vous êtes chez Simons, grâce à sa signature de qualité et de créativité. Simons, c’est d’abord et avant tout beaucoup de marques maison, qui ont une caractéristique et une signature propre », a-t-il dit.

Le professeur émérite estime que l’important, dans un changement de garde, n’est pas que ça reste dans la famille, mais plutôt que les valeurs de l’entreprise soient maintenues. Ce sera là le principal défi du nouveau président-directeur général, croit-il, en plus de continuer de faire progresser son entreprise dans un secteur en pleine mutation.

À voir en vidéo