Une usine de 500 millions à Bécancour pour General Motors

Un prototype de batterie Ultium de General Motors
Photo: Genreal Motors Un prototype de batterie Ultium de General Motors

General Motors Canada et la société coréenne POSCO Chemical ont annoncé lundi matin conjointement avec les gouvernements du Québec et du Canada un investissement commun de 500 millions de dollars à Bécancour, afin d’y ériger une usine qui produira des matériaux allant dans les batteries des véhicules électriques à venir du constructeur d’automobiles de Detroit.

L’usine, dont la construction démarre sur-le-champ, devrait à terme, compter environ 200 employés. Les premiers composants sortiront de l’usine à partir de 2025. Le site choisi pour cette installation permettra une expansion rapide par la suite, si les besoins le justifient. General Motors (GM), comme les autres constructeurs automobiles nord-américains, commence à sentir la pression d’un contexte industriel et politique qui pousse vers une accélération de l’électrification du secteur.

À l’horizon 2030, la moitié des véhicules neufs qui seront vendus aux États-Unis devront être animés par un moteur électrique. Pour respecter cet objectif imposé par le gouvernement américain, GM souhaite hausser sa cadence de production et prévoit assembler au moins un million de véhicules électriques par an à partir de 2025.

Des batteries à 40 % québécoises

Les composants qui seront fabriqués à Bécancour composeront la cathode des batteries électriques qui équiperont les premiers véhicules à sortir des autres usines du groupe automobile. Comme GM utilise une seule technologie de batterie, appelée Ultium, dans tous ses véhicules, ses composants doivent être produits en fort volume. Or, à l’heure actuelle, cette production a essentiellement lieu en Asie.

« GM et nos fournisseurs sont en train de créer une toute nouvelle chaîne d’approvisionnement plus durable, plus sécuritaire pour le marché à venir des véhicules électriques », a résumé en conférence de presse lundi matin le vice-président de l’approvisionnement et du développement des produits futurs pour GM, Doug Parks. « Le Canada va y jouer un rôle important, et nous sommes très heureux du soutien reçu, tant localement qu’au niveau des gouvernements fédéral et provincial. »

Le ministère fédéral de l’Innovation, des Sciences et du Développement économique ainsi qu’Investissement Québec se sont impliqués activement dans la réalisation de cette usine. GM et POSCO avaient déjà signé une entente de partenariat en décembre 2021.

Selon GM, les éléments de cathode qui seront produits à Bécancour représentent environ 40 % du coût de la batterie. Non seulement la production locale assurera  un approvisionnement stable, mais elle pourrait aussi contribuer à réduire les coûts de production. L’énergie hydroélectrique propre et bon marché du Québec a joué un rôle dans la décision finale de GM et de POSCO d’installer une usine dans la province, a indiqué le vice-président des affaires publiques et de l’environnement de GM Canada, David Paterson.

Les composants produits à Bécancour seront initialement utilisés dans la production de véhicules très attendus des consommateurs nord-américains, notamment la camionnette Silverado EV de Chevrolet, le Hummer EV de GMC et le Lyriq de Cadillac.

Au cœur de l’électrification

Bécancour est en train de se positionner comme un épicentre du secteur émergent des composants nord-américain et même international du transport électrique. L’annonce de General Motors et de POSCO survient quelques jours à peine seulement après celle du géant allemand BASF de la construction, également à Bécancour, de sa propre usine de fabrication et de recyclage de batteries pour véhicules électriques.

Le gouvernement du Québec et Investissement Québec sont très actifs dans le développement de cette région dans le cadre de la mise en place d’une stratégie qui vise à créer une filière provinciale de fabrication de composants électriques.

Les avantages mis en avant par le gouvernement et qui semblent résonner auprès des décideurs étrangers sont multiples : outre le coût raisonnable de l’énergie et des matériaux, une main-d’œuvre qualifiée abordable et un accès à différents réseaux de transport des marchandises pèsent également dans la balance.

« C’est ce qu’a fait valoir le gouvernement dans nos discussions » en vue d’une installation à Bécancour, a d’ailleurs confirmé au Devoir David Paterson. « Les coûts prévisibles et la fiabilité des éléments logistiques nous permettent de nous assurer que ce que nous produirons là-bas pourra être acheminé rapidement vers nos autres usines ailleurs en Amérique du Nord. »

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