WestJet achète Sunwing

Une nouvelle unité d’affaires de voyagistes sera créée sous l’enseigne du Groupe WestJet, qui comprendra à la fois Vacances Sunwing et Vacances WestJet.
Photo: La Presse canadienne Une nouvelle unité d’affaires de voyagistes sera créée sous l’enseigne du Groupe WestJet, qui comprendra à la fois Vacances Sunwing et Vacances WestJet.

Grosse transaction dans une industrie secouée par la pandémie. WestJet et Groupe de voyage Sunwing ont conclu une entente définitive permettant au groupe de sociétés WestJet de faire l’acquisition de Vacances Sunwing et de Sunwing Airlines.

Une nouvelle unité d’affaires de voyagistes sera créée sous l’enseigne du Groupe WestJet, qui comprendra à la fois Vacances Sunwing et Vacances WestJet, et elle sera dirigée par Stephen Hunter, chef de la direction de Sunwing. « Après avoir connu une forte croissance, nous cherchions des occasions de poursuivre sur cette lancée même avant que la pandémie ne frappe. Cette transaction nous apportera les outils nécessaires », a souligné au Devoir Stephen Hunter.

Le montant de la transaction n’a pas été dévoilé. Avec une participation de 51 % de la famille Hunter et de 49 % du géant du voyage TUI Group, les propriétaires de Sunwing deviendront des actionnaires « significatifs » du groupe WestJet, propriété d’Onex. « Je suis trop jeune pour passer mon temps à jouer au golf. Nous aurions pu opter pour une compensation pécuniaire, mais nous voulons plutôt miser sur le potentiel découlant de cette transaction », ajoute Stephen Hunter. Le passage au sein de WestJet ne comprend pas la division hôtelière Blue Diamond, soit un portefeuille de 34 hôtels détenus ou gérés offrant une capacité de plus de 32 200 lits, qui reste à 100 % sous une propriété distincte. Il n’interfère pas non plus avec l’entente de codes partagés conclue entre WestJet et Transat. « Je ne peux parler pour eux, mais l’accord WestJet–Transat ne nous implique pas. »

Force Québec-Ontario

 

La force combinée de Vacances WestJet Vacations et de Vacances Sunwing donnera naissance à un voyagiste dirigé par Stephen Hunter et son équipe offrant une complémentarité Est-Ouest canadien, avec une portée accrue en Ontario et au Québec. Le siège social du voyagiste sera situé à Toronto, avec un siège social régional au Québec, et l’entreprise continuera de commercialiser la marque Sunwing aux côtés de Vacances WestJet. « WestJet est peu connu et implanté au Québec. Cela vient ajouter au potentiel de développement de notre siège social régional à Laval. » Ce siège québécois repose sur un investissement de 15 millions et renferme l’espace suffisant pour accroître l’activité opérationnelle du voyagiste et du centre d’appels. Occupant la place de numéro 1 pour les vols entre le Canada et les destinations soleil, « nous allons désormais créer aussi des forfaits vacances et des occasions de voyage à l’échelle nord-américaine, et même vers l’Europe », indique Stephen Hunter.

Quant à la composante aérienne, l’inclusion de Sunwing Airlines « ajoutera de la capacité, en consacrant des avions autrement saisonniers à être exploités toute l’année au Canada, au lieu que Sunwing complète la demande saisonnière avec des avions importés, ce qui se traduira par plus d’emplois, » lit-on dans le communiqué. WestJet Group et Sunwing soulignent qu’ils respecteront toutes les ententes avec les syndicats et les associations d’employés, y compris celles en place et celles en cours de négociation.

Les agents de bord sur la défensive

 

En réaction, le syndicat représentant les agents de bord de Sunwing Airlines a tout de même prévenu qu’il « se battra bec et ongles » pour défendre les droits et les emplois de ses 800 membres. « Nous surveillerons de près cette proposition, et notre seul objectif restera de défendre les emplois de nos membres et leurs moyens de subsistance à mesure que ce processus avancera », a déclaré Rena Kisfalvi, présidente de la section locale 4055 du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP). Une nouvelle convention collective a été ratifiée en juin 2021.

Sunwing précise également qu’en raison de la résilience créée par la transaction, il s’attend à ne plus avoir besoin de la Facilité de financement d’urgence des grands employeurs liée à la pandémie obtenue du gouvernement fédéral au début de 2021, « qui sera entièrement remboursée à la clôture de la transaction ».

L’entente, qui est assujettie aux approbations réglementaires, dont celle du Bureau de la concurrence, devrait être conclue vers la fin de l’année.

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