La Banque du Canada hausse son taux directeur à 0,5%

Tiff Macklem, gouverneur de la Banque du Canada, a augmenté le taux directeur pour la première fois depuis 2018.
Photo: Justin Tang La Presse canadienne Tiff Macklem, gouverneur de la Banque du Canada, a augmenté le taux directeur pour la première fois depuis 2018.

Pour la première fois en deux ans, la Banque du Canada hausse son taux directeur à 0,5 %, pour répondre à l’inflation galopante que vient notamment alimenter l’invasion russe en Ukraine.

Il y a deux ans cette semaine, la banque centrale s’engageait dans une baisse des taux pour aider l’économie à faire face à la crise liée à la pandémie de COVID-19. En mars 2020, le taux directeur a été abaissé deux fois, jusqu’à 0,25 %, taux où il a été maintenu jusqu’à mercredi.

Désormais, malgré la « nouvelle source majeure d’incertitude » qu’est la guerre en Ukraine, les indicateurs d’une forte reprise poussent la Banque du Canada à amorcer une série de hausses de son taux directeur, conformément à ce qui avait été annoncé par Tiff Macklem, gouverneur de l’institution, lors de la publication du rapport sur la politique monétaire en janvier. Les effets du variant Omicron s’estompent plus vite que prévu et la croissance économique canadienne au quatrième trimestre a atteint 6,7 %, note la Banque du Canada.

Par cette hausse du taux directeur, la banque centrale cherche à freiner l’inflation, dont le niveau s’est envolé à des sommets dans les derniers mois. En janvier, comme prévu dans les prévisions de la Banque du Canada, le taux annuel d’inflation mesurée par l’IPC s’est établi à 5,1 %, ce qui se situe bien au-dessus de sa cible de 2 %.

« La banque centrale combat actuellement à la fois les pressions inflationnistes réelles résultant des distorsions liées à la pandémie et des problèmes de chaîne d’approvisionnement et les pressions inflationnistes à venir d’une économie fonctionnant à pleine capacité et des conditions du marché du travail compatibles avec le plein emploi », écrit Dominique Lapointe, économiste principal chez Valeurs mobilières Banque Laurentienne, justifiant ainsi « la nécessité de s’engager dans une voie de resserrement régulière mais ferme », poursuit-il.

Conflit

 

Actuellement, les sanctions économiques imposées à la Russie et les perturbations des transports causées par la guerre infligent une « hausse marquée » aux prix du pétrole et à d’autres produits de base, note la Banque du Canada, contribuant ainsi à faire grimper l’inflation davantage.

« Tout compte fait, on s’attend désormais à ce que l’inflation à court terme dépasse la projection de janvier », indique l’institution dans un communiqué, laissant entendre que l’inflation n’est pas près de ralentir.

Des variations à prévoir

Selon Dominique Lapointe, le conflit en Ukraine pourrait mener à une augmentation du nombre de hausses de taux de la Banque du Canada, à cause de l’accélération de l’inflation qu’il entraîne. « D’un autre côté, si le conflit finit par provoquer un resserrement brutal des conditions financières et une forte perte de confiance des consommateurs et des entreprises, il pourrait entraîner une diminution des hausses de taux », souligne M. Lapointe.

Jeudi, Tiff Macklem prononcera un discours devant la CFA Society Toronto pour faire le point sur la situation économique actuelle. La révision du taux directeur aura lieu le 13 avril prochain.

Avec La Presse canadienne



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