Des résultats financiers records pour Hydro-Québec

Les résultats financiers dévoilés jeudi par la société d’État font état d’un bénéfice net record de 3,546 milliards de dollars.
Photo: Michaël Monnier Archives Le Devoir Les résultats financiers dévoilés jeudi par la société d’État font état d’un bénéfice net record de 3,546 milliards de dollars.

La reprise économique robuste de 2021 a permis à Hydro-Québec non seulement de rattraper le terrain perdu en 2020, mais même de dépasser ses résultats d’avant la pandémie.

Les résultats financiers dévoilés jeudi par la société d’État font état d’un bénéfice net record de 3,546 milliards de dollars, en hausse de 55 % par rapport à celui de 2,303 milliards de dollars réalisé en 2020. Les résultats de 2020 avaient été plombés par la pandémie, mais la reprise de 2021 a été à ce point robuste qu’elle a propulsé Hydro à des sommets inédits.

Cette performance a permis à la société d’État de verser au gouvernement le dividende le plus élevé de son histoire, soit 2,673 milliards de dollars.

« On a réussi à faire flèche de tout bois : l’économie était là, la demande au Québec était là, la demande sur les marchés américains était là, l’hydraulicité était bonne », a résumé la présidente-directrice générale d’Hydro, Sophie Brochu, en conférence virtuelle.

Le vice-président exécutif, Jean-Hugues Lafleur, a aussi précisé que plusieurs emprunts à long terme étaient venus à échéance, ce qui avait permis de les renouveler à des taux d’intérêt plus faibles et que le secteur de l’aluminium avait permis d’encaisser 115 millions $ additionnels en raison de la forte montée du prix de la tonne métrique d’aluminium. La facture d’électricité des alumineries varie en effet en fonction du prix de l’aluminium et, alors que la tonne métrique se vendait 1500 $ en 2020, le prix moyen était de 2500 $ la tonne métrique en 2021 et il atteint même les 3400 $ par les temps qui courent.

Après avoir dû freiner ses investissements à cause du contexte sanitaire en 2020, le programme d’investissement a totalisé 4,2 milliards de dollars en 2021, comparativement à 3,4 milliards de dollars un an plus tôt.

L’impact de la température

M. Lafleur a précisé qu’un seul élément avait nui au rendement de la société d’État : « La température est venue contrebalancer, en fait c’est le seul élément qui a été négatif dans l’année 2021, principalement à cause des températures douces au deuxième trimestre. N’eût été ces températures, le bénéfice aurait été encore d’une centaine de millions plus élevé. »

À ce sujet, Sophie Brochu a tenu à se faire rassurante pour l’hiver actuel, alors que le froid, cette fois, est au rendez-vous et vient s’additionner à la conjoncture économique. « On est dans un environnement où l’inflation commence à peser sur les ménages. Chez Hydro-Québec, on va faire preuve de grande empathie. […] Il fait froid cet hiver et tout le monde qui n’était pas en paiements égaux a vu sur leur facture l’impact de ça et ce n’est pas petit. Si les gens ont des problèmes, ils appellent chez Hydro, on prend une entente. Il n’y a pas de coupure de service », a-t-elle dit.

Forte hausse au Québec et à l’exportation

Hydro-Québec a bénéficié non seulement de la reprise économique au Québec, mais aussi sur ses marchés d’exportation. Au Québec, ses ventes nettes d’électricité ont atteint un sommet historique de 175,2 TWh, ce qui représente un gain de 444 millions $, surtout en raison de la reprise de la demande de la clientèle d’affaires. Cette performance aurait été encore plus forte si le Québec n’avait pas connu des températures douces au printemps 2021.

Sur les marchés d’exportation hors Québec, le volume des ventes a atteint 35,6 TWh, soit la deuxième meilleure performance de son histoire, ce qui se traduit par une augmentation de 333 millions de dollars par rapport à 2020 pour un total de 1,658 milliard de dollars. Les exportations représentent à elles seules 17 % du volume des ventes nettes de la société d’État et ont permis d’engraisser le bénéfice net de 865 millions de dollars, en hausse de plus de 60 % par rapport à 2020.

Une conjoncture favorable lui a permis d’obtenir un prix moyen de 4,7 cents du kilowatt / heure sur les marchés d’exportation, comparativement à 4,2 cents l’année précédente.

Refonte organisationnelle

 

En présentant ses résultats financiers, Hydro a du même coup annoncé qu’elle se dotait « d’une nouvelle structure organisationnelle qui lui permettra de maximiser la collaboration et l’agilité au sein de l’entreprise ».

« On va opérer de manière transversale. Ça commence lundi (le 28 février), ça va durer des mois et des mois d’installation. C’est une grande évolution culturelle », a expliqué Mme Brochu, précisant que les trois grandes divisions traditionnelles d’Hydro, soit la production, le transport et la distribution ne seront plus traitées en silo, mais bien comme un tout.

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