Bell achète son rival en services Internet Ebox

Bell se veut rassurant dans le communiqué annonçant cette transaction et précise qu’Ebox continuera de desservir sa clientèle résidentielle au Québec et dans les régions de l’Ontario où la marque est déjà présente.
Ryan Remiorz Archives La Presse canadienne Bell se veut rassurant dans le communiqué annonçant cette transaction et précise qu’Ebox continuera de desservir sa clientèle résidentielle au Québec et dans les régions de l’Ontario où la marque est déjà présente.

Bell a annoncé jeudi après-midi qu’il se portait acquéreur de son rival Ebox, le plus important fournisseur régional de services Internet de la province, pour une somme non divulguée. Quel sera l’effet sur le prix des services Internet au Québec ?

Dans le communiqué annonçant cette transaction, Bell se veut rassurant et précise qu’Ebox continuera de desservir sa clientèle résidentielle au Québec et dans les régions de l’Ontario où la marque est déjà présente. Dans la foulée, Jean-Philippe Béïque et Dominic Létourneau, les deux cofondateurs d’Ebox, ont annoncé leur départ de l’entreprise.

C’est Isis Thiago De Souza, vice-présidente et directrice générale d’Ebox, qui prend la relève comme principale dirigeante du fournisseur, dont le siège social est à Longueuil. « Nous sommes heureux de joindre la famille Bell et de poursuivre le travail effectué par Dominic et Jean-Philippe au cours des 25 dernières années », a déclaré Mme De Souza par communiqué.

Ni Bell ni Ebox n’ont voulu répondre aux questions du Devoir concernant cette transaction.

Consolidation, acte 1

 

L’acquisition par un des géants canadiens des télécommunications d’un fournisseur régional de services de la trempe d’Ebox est une première au Canada. Elle risque toutefois de ne pas être la dernière transaction du genre, croit Nadir Marcos Mechaiekh Simon, le président-directeur général du service montréalais de comparaison de forfaits de télécoms PlanHub.

« C’est la première transaction du genre, mais on pressentait depuis la décision du CRTC de rehausser le prix de gros de la bande passante Internet qu’il y aurait consolidation dans ce marché. Il pourrait donc y en avoir d’autres. »

Fait inusité : Ebox recourt à l’infrastructure réseau tant de Bell que de Québecor pour offrir son service dans différentes régions de l’est du Canada, selon le cas. Son passage dans le giron de Bell ne signifie toutefois pas que ses clients abonnés à son service par câble — fourni par Québecor via sa filiale Vidéotron — devront changer de service.

Chose certaine, c’est un moyen efficace pour Bell de renforcer sa position au Québec face à Québecor, son principal rival dans la province. En effet, au Québec, Québecor et Bell sont les deux principaux fournisseurs dans le marché des services Internet pour la maison.

Moins de choix

 

Québecor a récemment fait des gains importants grâce à sa filiale bon marché Fizz, qui offre des services de base à prix réduit. Bell a aussi sa marque du genre, Virgin, mais le succès de celle-ci au Québec demeurait plutôt modéré.

Ebox, qui se positionnait jusqu’ici comme un rival indépendant de Fizz et de Virgin dans le bas du marché, permettra à Bell de répondre à la popularité grandissante de Fizz, ajoute le p.-d.g. de PlanHub. L’incidence que cette transaction aura sur le coût des services Internet résidentiels demeure pour sa part incertaine, ajoute le spécialiste montréalais.

« Il y aura moins de concurrence et moins de choix pour le consommateur. Ça pourrait donc avoir un effet au moins indirect sur les prix. Il sera intéressant de voir si le gouvernement ou le CRTC désireront intervenir », eux qui doivent aussi se prononcer sur l’achat de Shaw par Rogers dans l’ouest du pays, s’interroge Nadir Marcos Mechaiekh Simon.

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