Les entreprises québécoises accusent un retard en transformation numérique

La transformation numérique peut toucher plusieurs aspects de l’entreprise, par exemple la cybersécurité, les outils de production manufacturière, les logiciels de gestion de factures ou de ressources humaines et les plateformes de commercialisation.
Photo: Steven Senne Associated Press La transformation numérique peut toucher plusieurs aspects de l’entreprise, par exemple la cybersécurité, les outils de production manufacturière, les logiciels de gestion de factures ou de ressources humaines et les plateformes de commercialisation.

Du point de vue des gestionnaires et des employés, il reste beaucoup de travail à faire pour réaliser la transformation numérique des entreprises québécoises et ontariennes. C’est l’un des constats que l’on peut tirer d’un sondage publié vendredi, réalisé par Léger pour le compte de la firme Talsom, spécialisée dans l’accompagnement d’entreprises qui s’aventurent sur ce terrain.

Seuls 31 % des gestionnaires estiment que l’adoption de technologies est élevée au sein de leur entreprise, selon ce sondage réalisé en décembre 2021 auprès de plus de 700 employés et gestionnaires d’entreprises de 250 employés et plus, de secteurs aussi variés que la construction, la vente au détail, les finances et la fabrication. Dans un sondage similaire effectué un an auparavant, ce chiffre était de 28 %.

Le manque de compétences technologiques et le manque de ressources financières sont les freins les plus cités, dans le cadre de l’étude, pour justifier la situation.

Par contre, 60 % des entreprises auraient une planification de transformation numérique, selon les gestionnaires. Cela témoigne de leur prise de conscience quant à l’importance de cet enjeu et de leur volonté de faire bouger les choses, estime le président de Talsom, Olivier Laquinte.

La transformation numérique peut toucher plusieurs aspects de l’entreprise, par exemple la cybersécurité, les outils de production manufacturière, les logiciels de gestion de factures ou de ressources humaines et les plateformes de commercialisation. Plusieurs projets financés par l’Offensive de transformation numérique du gouvernement provincial visent d’ailleurs à rattraper le retard de centaines d’entreprises québécoises.

IKEA, intelligence artificielle et réalité virtuelle

L’un de ces projets, piloté par l’Institut de gouvernance numérique (IGN), vise à aider les entreprises de meubles et d’armoires de cuisine à vendre leurs produits en ligne. Elles doivent notamment effectuer la prise de photo de leurs produits et créer leur plateforme de commerce électronique.

« Il y a urgence d’agir. Si ce marché ne prend pas le virage numérique, IKEA va continuer à leur prendre des parts de marché. Nos entrepreneurs qui font du développement économique dans les régions, qui utilisent du bois québécois doivent s’organiser pour continuer de grandir », juge Jean-François Gauthier, président-directeur général de l’IGN. Il souligne que les petites ou moyennes entreprises n’ont pas toujours le temps ni les moyens de mettre ces changements au sommet de leurs priorités.

Le Regroupement des cabinets de courtage d’assurance veut aussi que ses membres atteignent un niveau élevé de maturité numérique. Parmi eux, 80 % des entreprises ont un plan de transformation numérique ou ont l’intention d’en avoir un, affirme le directeur général, Éric Manseau.

« On parle de systèmes de gestion et d’outils de base, mais on veut aussi se préparer pour la phase subséquente, qui est l’utilisation d’intelligence artificielle, de grandes données qu’on veut aller chercher pour améliorer notre productivité et notre offre à la clientèle. Il y a des entreprises qui développent des solutions comme des robots qui vont aider le courtier à conseiller le client », indique M. Manseau.

En ce qui a trait aux solutions d’avenir, l’Alliance Métal Québec est également ambitieuse. L’organisme a accompagné une dizaine de manufacturiers dans le développement d’une plateforme où la réalité virtuelle remplace les rencontres d’affaires en personne.

« Chaque entreprise a développé son monde numérique, et un client peut être aux États-Unis et contacter nos manufacturiers dans cet environnement pour voir les produits », a expliqué le directeur général, Philippe Blais, soulignant qu’il peut s’agir par exemple de bennes de camion, d’étagères ou de scènes mobiles.

Selon Olivier Laquinte, de Talsom, le soutien du ministère de l’Économie et de l’Innovation à ce genre de projet est un signal fort selon lequel ce virage est positif, si ce n’est vital, pour assurer la compétitivité des entreprises d’ici.

À voir en vidéo