Des éclosions de grippe aviaire placent les éleveurs sur un pied d’alerte

Pour tenter de prévenir des éclosions, l’ACIA a imposé des restrictions aux «mouvements» de la volaille entre régions.
Photo: iStock Pour tenter de prévenir des éclosions, l’ACIA a imposé des restrictions aux «mouvements» de la volaille entre régions.

L’augmentation du nombre d’éclosions d’une souche de grippe aviaire « hautement pathogène » en Nouvelle-Écosse et aux États-Unis met les producteurs canadiens, dont ceux du Québec, sur le qui-vive.

L’industrie québécoise de la volaille est « en mode vigilance », indique Martin Pelletier, directeur général de l’Équipe québécoise de contrôle des maladies avicoles, un organisme qui assure la prévention, l’endiguement et l’éradication de maladies avicoles. Il ajoute du même souffle ne pas être pour le moment « en mode panique ».

Les fréquentes communications avec ses membres — des producteurs d’œufs, des éleveurs de volaille et des entreprises de transformation alimentaire — les tiennent au courant de l’évolution des cas d’éclosion, qui ont augmenté dans les dernières semaines en Amérique du Nord.

Lundi, l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) confirmait la présence de l’influenza aviaire « hautement pathogène » de sous-type H5N1 dans une exploitation agricole mixte de la Nouvelle-Écosse. Près de 12 000 dindes ont dû être euthanasiées.

Ce cas s’ajoute à d’autres infections détectées à Terre-Neuve-et-Labrador ainsi que chez des oiseaux sauvages. Pour endiguer la propagation de la maladie, l’ACIA a imposé des restrictions aux « mouvements » de la volaille entre régions et recommandé le resserrement des mesures de biosécurité.

Ravages ailleurs dans le monde

La particularité de la souche actuelle réside dans son caractère « hautement pathogène », explique Martin Pelletier. Des oiseaux sauvages qui en sont porteurs peuvent en mourir, ce qui n’est pas le cas habituellement. De plus, elle « fait des ravages depuis plusieurs mois en Europe et ailleurs dans le monde », rappelle-t-il.

En effet, nombre de foyers ont été détectés en Europe depuis le mois d’août. Trente pays sont touchés par l’épizootie sur le Vieux Continent, dont près de 300 foyers pour la seule Italie, selon de récentes statistiques du ministère de l’Agriculture de France.

« Nous, au Québec, au fil des années, il y a déjà eu de façon sporadique des détections chez des oiseaux sauvages, mais il n’y a jamais eu de cas dans les troupeaux d’élevage, ni dans les basses-cours ni dans les élevages commerciaux », indique Martin Pelletier.

Les mesures d’urgence mises en place au Canada en début de semaine ont poussé des pays à adopter des mesures temporaires de restriction contre les importations canadiennes, essentiellement contre les produits de volaille de la Nouvelle-Écosse.

Comment cette souche européenne est-elle arrivée au pays ? Rien n’est sûr pour le moment, répond Martin Pelletier : « Une des hypothèses avancées , c’est qu’une grosse tempête dans l’océan Atlantique cet automne aurait pu faire dériver des oiseaux européens vers l’Amérique. Mais ce n’est qu’une hypothèse. »

Aux États-Unis, le nombre de troupeaux et d’oiseaux infectés dépasse de beaucoup celui du Canada. Les premiers cas de grippe aviaire ont été confirmés dans une ferme de l’Indiana le 9 février, et près de 30 000 dindes ont dû être euthanasiées.

En début de semaine, des responsables de la santé des États-Unis ont déclaré que la même souche de grippe avait été détectée dans une autre ferme de l’Indiana, mais également dans un troupeau mixte en Virginie ainsi qu’un troupeau d’une ferme au Kentucky qui appartient à Tyson Foods, géant américain de l’agroalimentaire.

Le USA Today rapportait que cette installation de Tyson comptait à elle seule près de 246 000 poulets. De ce nombre, on ne sait combien seront euthanasiés. Tyson Foods a déclaré au quotidien que son équipe travaillait à empêcher la propagation avec le renforcement de mesures de biosécurité et des restrictions relatives à l’accès aux installations.

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