SNC-Lavalin consolide sa position dans les petits réacteurs nucléaires

Présente dans le nucléaire depuis les années 1970 pour les réacteurs CANDU, SNC-Lavalin vient de s’entendre avec Rolls-Royce SMR.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir Présente dans le nucléaire depuis les années 1970 pour les réacteurs CANDU, SNC-Lavalin vient de s’entendre avec Rolls-Royce SMR.

SNC-Lavalin fait un pas de plus dans le marché des petits réacteurs modulaires nucléaires. L’entreprise montréalaise a décroché un important contrat, dont les détails financiers n’ont pas été dévoilés, pour appuyer Rolls-Royce dans le développement de petites centrales qui pourraient voir le jour au Royaume-Uni dès 2030.

Présente dans le nucléaire depuis les années 1970 pour les réacteurs CANDU, SNC-Lavalin vient de s’entendre avec Rolls-Royce SMR, un consortium que mène le conglomérat britannique du même nom. Ce dernier développe depuis 2017 un modèle de petits réacteurs modulaires (PRM) — le UK SMR — présenté comme une centrale « à moindre coût et à faibles émissions de carbone » et qui entrerait en exploitation au Royaume-Uni d’ici le début des années 2030.

Les PRM sont des centrales nucléaires d’une capacité de production qui gravite généralement autour de 300 MW, soit considérablement moins que les réacteurs typiques dont la puissance oscille plutôt entre 700 MW et 1500 MW. La capacité du réacteur de Rolls-Royce SMR devrait, pour sa part, atteindre 470 MW et viserait à décarboner des procédés industriels à fortes émissions de gaz à effet de serre (GES). L’énergie nucléaire figure dans la stratégie britannique pour atteindre l’objectif de zéro émission nette du Royaume-Uni d’ici 2050. Cet automne, le consortium a présenté la conception de son réacteur aux autorités réglementaires du Royaume-Uni pour obtenir les certifications.

Déjà, la filiale Atkins de SNC-Lavalin a dirigé la conception modulaire de ce modèle. Dans le cadre de la présente entente, l’entreprise de Montréal étendra son appui à d’autres facettes allant de la sécurité des installations à la gestion des déchets en passant par la manutention et l’ingénierie mécanique.

SNC-Lavalin n’a pas répondu aux communications du Devoir. Par communiqué, le p.-d.g. de SNC-Lavalin, Ian L. Edwards, a toutefois déclaré : « Les réacteurs modulaires de petite taille permettront le déploiement rapide et rentable d’une technologie fiable à faible émission de carbone, une perspective attrayante pour de nombreux pays qui visent à décarboner la production d’électricité et à respecter leurs engagements à l’égard de la carboneutralité. »

Un chef de file mondial

 

Rolls-Royce SMR fait partie des sociétés énergétiques qui tentent de se positionner sur le marché en développement des PRM. Le consortium compte sur l’appui financier de l’américaine Exelon Generation, BNF Resources et la riche famille française Perrodo, propriétaire de la pétrolière Perenco.

En novembre, le gouvernement britannique injectait 210 millions de livres sterling (360 millions de dollars canadiens) pour le développement de la technologie.

Un mois plus tard, c’était au tour du fonds souverain du Qatar d’investir 85 millions de livres sterling (146 millions de dollars canadiens) et d’aller chercher une participation de 10 % dans la société.

Le ministre britannique de l’Économie, Kwasi Kwarteng, déclarait alors : « Il s’agit d’une opportunité unique pour le Royaume-Uni de déployer plus d’énergie à faible émission de carbone que jamais auparavant et d’assurer une plus grande indépendance énergétique. »

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C’est la somme, en livres sterling (360 millions de dollars canadiens), injectée en novembre par le gouvernement britannique pour développer la technologie.

Le Royaume-Uni rejoignait ainsi d’autres pays qui veulent donner un nouveau souffle à la filière pour réduire les émissions de GES, dont les États-Unis et le Canada.

Lors du dévoilement de son Plan d’action canadien des PRM en décembre 2020, le ministre des Ressources naturelles d’alors, Seamus O’Regan, soutenait que le Canada « peut être un chef de file mondial » dans cette technologie énergétique « prometteuse, novatrice et zéro émission ».

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