Les gyms accusent Québec de les ignorer

La Fédération canadienne de l’entreprise indépendante a décidé d’intervenir en rédigeant mardi une lettre à l’intention du ministre de la Santé, Christian Dubé, pour attirer l’attention du gouvernement.
Photo: Oliver Dietze Associated Press La Fédération canadienne de l’entreprise indépendante a décidé d’intervenir en rédigeant mardi une lettre à l’intention du ministre de la Santé, Christian Dubé, pour attirer l’attention du gouvernement.

Une association qui représente les propriétaires de gyms accuse le gouvernement de les ignorer tandis qu’elle tente d’établir un dialogue afin de trouver une façon d’ouvrir en toute sécurité les centres de conditionnement physique. « Ce n’est pas juste des réponses qui ne sont pas satisfaisantes, dénonce Gabriel Hardy, porte-parole pour le Québec du Conseil canadien de l’industrie de conditionnement physique (CCICP). C’est vraiment : aucune réponse, aucune écoute, aucun échange. »

M. Hardy dit avoir eu des rencontres avec le gouvernement en novembre 2020 et avoir discuté de l’avenir de l’industrie en temps de pandémie et de possibles solutions. « On voyait bien qu’on ne s’en sortirait pas facilement [de la pandémie]. On avait fait des propositions qui allaient en ce sens-là. On avait plein d’avenues pour aider l’industrie à passer à travers. Aucune de ces propositions n’a été reconnue. »

Le porte-parole du CCICP, qui est aussi le propriétaire du gym Le Chalet à Québec, affirme que le gouvernement fait la sourde oreille depuis, et ce, « malgré le fait qu’on a envoyé des lettres, que nous avons communiqué régulièrement, non seulement avec la Santé publique, mais le ministère de l’Économie, le ministère du Travail, le sous-ministère du Sport ».

Une lettre au ministre de la Santé

L’absence d’ouverture serait telle que la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) a décidé d’intervenir en rédigeant une lettre à l’intention du ministre de la Santé, Christian Dubé, pour attirer l’attention du gouvernement. La communication envoyée mardi par courriel n’aurait toujours pas obtenu de réponse, affirme Francis Bérubé, analyste principal des politiques à la FCEI.

Les questions de l’industrie du conditionnement physique sont « légitimes », estime M. Bérubé. Il souligne que les représentants de l’industrie ont mis en avant des propositions « innovantes » qui n’auraient pas obtenu de réponses. « Vu le peu de rétroaction qu’on reçoit à l’heure actuelle, on a jugé approprié de faire une lettre commune. »

Il n’a pas été possible d’obtenir une réaction du ministère de la Santé, que nous avons joint vendredi en avant-midi. Le premier ministre François Legault a dit mardi que la réouverture des gyms arriverait au cours d’une « troisième étape », soit après la réouverture des restaurants et des salles de spectacle. Aucune date n’a été avancée.

En attendant ce moment, les propriétaires de gyms sont à bout de souffle, eux dont les établissements ont été fermés pendant 14 des 22 derniers mois, s’inquiète M. Hardy. Les propriétaires auraient accumulé entre 75 000 $ et 80 000 $ de dettes en moyenne, selon un sondage interne.

Pas si simple

La réouverture des centres de conditionnement physique n’est toutefois pas si simple pour le gouvernement, croit Roxane Borgès Da Silva, professeure à l’École de santé publique de l’Université de Montréal.

« Avec un variant plus contagieux, on peut s’attendre à ce qu’il y ait beaucoup plus de risques d’avoir des éclosions dans un gym. »

S’il peut sembler contradictoire de rouvrir les restaurants avant les centres de conditionnement physique, la décision peut se justifier, selon elle. « La contamination se fait par aérosols. Quand on fait du sport, on est essoufflé et on expulse beaucoup plus d’aérosols que lorsqu’on est assis dans un restaurant. »

M. Hardy croit que les experts de la santé publique seraient à même de constater que les centres de conditionnement physique sont des milieux sains s’ils venaient visiter les installations. « Êtes-vous venu visiter nos milieux pour regarder ce que vous voyez comme dangereux ? Elles sont où, les statistiques d’éclosions massives dans les gyms comparativement aux salles de cinéma ou aux salles de spectacle ? Il n’y a pas d’échange, on ne sait pas sur quoi ils se basent, mais, pour ça, ça prend un dialogue. »

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