Le groupe Les Ailes se déploie à Montréal

Après une longue attente et un investissement de 40 millions de dollars, la chaîne Les Ailes de la mode posera officiellement son pied demain matin au centre-ville de Montréal. D'ores et déjà, le grand patron prévoit que son magasin à grande surface gagnera de l'argent.

«Si notre chiffre d'affaires par pied carré était le même que dans nos autres magasins de banlieue nous serions comblés, mais nous avons fait des calculs plus modestes», explique au Devoir le fondateur des Boutiques San Francisco, Paul Delage Roberge. «Néanmoins, nous prévoyons la rentabilité dès la première année.»

Les membres des médias avaient été conviés hier à une séance de relations publiques présentée sous le couvert d'une visite des lieux (impressionnants, il faut l'admettre) en avant-première. Journalistes et croqueurs d'images ont donc parcouru une bonne partie des quatre étages et 223 000 pieds carrés du magasin installé dans l'ancien magasin Eaton de la rue Sainte-Catherine.

«L'ouverture d'un magasin est toujours une expérience unique», a insisté M. Delage Roberge, lors d'une conférence de presse entrecoupée de bruits de perceuses. «Nous avons toujours eu une grande vision pour Les Ailes et cette ouverture marque non seulement notre arrivée au centre-ville de Montréal mais, surtout, notre arrivée aux côtés des grands magasins.»

Dans les locaux, employés et autres travailleurs s'affairaient à passer le dernier coup de balai avant d'accueillir demain les premiers clients. Ils devaient également pallier le moindre imprévu. Ainsi, au rayon des produits de beauté — situé au rez-de-chaussée — on n'avait reçu une ligne de présentoirs vitrés que très tard dans la nuit de dimanche à lundi.

Il s'agit de l'ouverture d'un cinquième grand magasin Les Ailes de la mode par le Groupe San Francisco. À elle seule, la succursale du centre-ville comptera 1000 employés. «La rue Sainte-Catherine s'est revitalisée au cours des dernières années et notre arrivée finalise en quelque sorte cette revitalisation», croit M. Delage Roberge.

L'homme d'affaires précise qu'il espère attirer de nombreux touristes (35 % de sa clientèle) dans son magasin. A-t-il peur de se casser les dents là où la famille Eaton a échoué? «Eaton était une vieille institution qui ne s'est pas renouvelée. Dans le commerce de détail, la situation évolue constamment et, pour demeurer compétitif, il faut être à l'écoute de sa clientèle.»

Prolonger le séjour

Le groupe Les Ailes de la mode se targue d'offrir un service attentionné à tous ses clients. Force est de constater que d'étage en étage, les nouveaux locaux offrent de multiples services. On peut ainsi se rendre au salon de coiffure, utiliser une des salles d'allaitement et se rendre ensuite dans une aire de restauration. Il y a aussi un petit cinéma où les mousses peuvent chanter du karaoké ou suivre un cours d'espagnol pendant que maman magasine ou se rend au bar à vodka (où on promet d'offrir un choix de 40 marques «exclusives» de cet alcool).

En fait, le concept est de tout mettre en place afin de prolonger le séjour des clients dans l'immense boutique de mode et de décoration. La cible idéale est une visite de trois à cinq heures. «On veut que ce soit un magasin-destination», résume Paul Delage Roberge.

Le nouveau magasin du Groupe San Francisco occupe le quart du complexe Les Ailes, ce qui en fait le plus important locataire de l'immeuble. La rénovation de l'ancien Eaton est un projet de la firme Ivanhoé Cambridge qui a nécessité un investissement de 200 millions de dollars. La Caisse de dépôt et de placement du Québec a participé au financement.

En plus du centre-ville de Montréal, San Francisco a des magasin Les Ailes de la mode à Brossard, Laval, Québec (Sainte-Foy) et Ottawa. D'ici un an, la chaîne ajoutera un magasin dans l'arrondissement de Pointe-Claire. Si tout va bien, on projette de s'implanter à Toronto et Vancouver.