Le palmarès «Premières en affaires» fait la part belle à la relève

Cette année, c’est le nombre élevé d’entrepreneures de la relève qui se démarque.
iStockphoto Cette année, c’est le nombre élevé d’entrepreneures de la relève qui se démarque.

Un total de 110 entreprises dirigées par des femmes et avec un chiffre d’affaires supérieur à cinq millions de dollars par année se retrouve dans la troisième édition du palmarès du magazine Premières en affaires dévoilé mercredi. Cette année, c’est le nombre élevé d’entrepreneures de la relève qui retient l’attention.

« L’objectif, c’est de donner des modèles à celles qui sont en entrepreneuriat et aux professionnelles », explique au Devoir la rédactrice en chef, Déborah Levy. Il existe peu de statistiques genrées sur l’entrepreneuriat au féminin, ajoute-t-elle. D’où l’importance du palmarès, qui est présenté comme un recensement plutôt qu’un classement, et qui n’est pas exhaustif. Il permet néanmoins « de mesurer la contribution de plus en plus grande des femmes à l’économie du Québec », croit Mme Levy.

Troisième édition

 

Au sommet de cette troisième édition du palmarès se trouvent 15 entreprises qui affichent un chiffre d’affaires à hauteur de plus de 50 millions de dollars par année. Cook it, spécialisée en repas prêts-à-cuisiner et prêts-à-manger, fait notamment son arrivée dans cette catégorie, ainsi que l’agence de publicité lg2. Elles sont entourées d’Aliments Asta, Nationex, Trudeau, Germain Hôtels et de Biron Groupe Santé, qui effectue notamment des tests de dépistage de la COVID-19.

« C’est une immense fierté », lance Pénélope Fournier, associée et présidente de la branche montréalaise de lg2. La femme de 43 ans fait partie des 53 % des entrepreneures de la relève du palmarès qui ont repris les rênes d’une entreprise existante.

Fait intéressant, plusieurs employés de l’agence ont pu acheter l’entreprise il y a quelques années, et le transfert a été achevé en 2015.

« C’était une décision très noble de nos fondateurs, de la vendre aux employés. À ce moment-là, dans notre industrie, la majorité des entreprises étaient vendues à des intérêts étrangers », glisse Pénélope Fournier, qui ajoute qu’un projet de relève a été créé au sein de l’agence pour maintenir ce modèle.

Les dirigeants de lg2, qui sont également actionnaires, comptent 61 % de femmes dans leur rang. Cela fait une différence très palpable sur le plan de la gestion, pense Mme Fournier, avec des valeurs comme l’empathie et la bienveillance qui sont valorisées.

« L’accent n’est plus vraiment mis sur la profitabilité, mais la profitabilité est une conséquence d’une gestion bienveillante », souligne-t-elle. « Ce qui est beau, c’est l’équilibre. Nos collègues masculins sont tout aussi importants que nous, et on partage les mêmes valeurs. »

Encore des défis

 

Trente-sept nouvelles entreprises se sont jointes aux trois catégories du palmarès, qui recense dans cette dernière édition uniquement les compagnies avec un chiffre d’affaires supérieur ou égal à cinq millions de dollars.

« Alors que les années précédentes, les entreprises avec un chiffre d’affaires de plus d’un million de dollars étaient accueillies au palmarès dans la catégorie “Jeunes pousses”, la popularité de l’initiative a entraîné un resserrement des critères », explique le magazine. La compilation et l’analyse des données ont été réalisées par la firme Léger.

Ce qui est beau, c’est l’équilibre. Nos collègues masculins sont tout aussi importants que nous, et on partage les mêmes valeurs.

 

Vingt entreprises se sont ajoutées à la catégorie des moyennes entreprises, qui ont un chiffre d’affaires entre 10 et 50 millions de dollars, et on en retrouve quatorze de plus dans la catégorie des « forces vives », des petites et moyennes entreprises avec un chiffre d’affaires annuel entre 5 et 10 millions de dollars.

Selon les données divulguées par Premières en affaires, 39 % des dirigeantes sont âgées de 45 à 54 ans. Seize régions du Québec sont quant à elles représentées dans le recensement, preuve que plusieurs entreprises sont actives à l’extérieur de Montréal. Et, signe qu’elles ne sont pas toutes dans des champs traditionnellement plus « féminins », 14 % des entreprises sont issues du secteur manufacturier et 11 % du domaine de l’architecture, du génie et de la construction.

Déborah Levy voit encore quelques défis en ce qui a trait à l’entrepreneuriat et aux femmes. « Les femmes ne sont pas comme les hommes, et il faut beaucoup les encourager. Il faut plus de dialogue pour comprendre que nous ne sommes pas seules », dit-elle.

Fierté au quotidien

 

Être une femme qui dirige est « un lot de fierté et de défi quotidien », pense de son côté Pénélope Fournier.

« On a, tous les jours de notre vie, à jongler avec la conciliation travail-famille. On doit être à la fois bienveillantes et empathiques avec les gens avec qui on travaille, mais avec nous également », dit-elle.

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