Les risques climatiques doivent faire partie du budget de Québec, selon l'IdQ

Les aides financières cumulatives relatives aux inondations de 2017 et 2019 au Québec ont totalisé plus de 500 millions de dollars.
Photo: Olivier Zuida Archives Le Devoir Les aides financières cumulatives relatives aux inondations de 2017 et 2019 au Québec ont totalisé plus de 500 millions de dollars.

Les risques liés aux changements climatiques, comme les inondations ou les épisodes de canicule, pèsent sur le Québec, qui doit augmenter les dépenses pour y faire face. Pour assurer une prévisibilité, le gouvernement doit tenir compte de ces risques dans la gestion de ses finances publiques, prévient l’Institut du Québec (IdQ) dans un nouveau rapport présenté mercredi au ministère des Finances de la province.

« De plus en plus, les États intègrent les risques liés tant à la lutte qu’à l’adaptation contre les changements climatiques », souligne Mia Homsy, p.-d.g. de l’IdQ et co-autrice du rapport. « Le Québec n’a pas tout à fait encore adopté une approche intégrée, mais il est temps d’agir. C’est important parce que, par exemple, les agences de crédit commencent à regarder comment analyser le degré de préparation des États à gérer ces risques-là et à les intégrer dans leurs budgets. »

Une multitude d’événements, comme les hospitalisations liées aux canicules ou le déplacement de populations en raison de l’érosion côtière, pèsent déjà et pèseront sur les dépenses du gouvernement de la province en raison des changements climatiques dans les prochaines années, note le rapport. À titre d’exemple, les aides financières cumulatives relatives aux inondations de 2017 et 2019 au Québec ont totalisé plus de 500 millions de dollars. Pour l’été 2018, les indemnités d’assurance récolte dues à la sécheresse ont, quant à elles, coûté environ 60 millions de dollars au gouvernement. Il faut donc planifier les risques et les intégrer au budget de l’État, recommande l’Institut. Oui, mais comment ? « Il n’y a pas de recette magique », reconnaît Luc Belzile, économiste principal à l’IdQ, qui a participé à l’écriture du document et passé en revue les pratiques adoptées à l’étranger.

« Dans notre feuille de route, il y a deux approches qu’on suggère. D’abord, déterminer — de façon qualitative — quels sont les risques climatiques en lien avec les différents ministères et organismes. Ensuite, aller un degré plus loin avec de l’analyse quantitative et de la modélisation, en attribuant des valeurs monétaires aux différents risques, pour comprendre l’impact qu’ils auront en retour sur le cadre budgétaire de l’État », suggère-t-il.

Parmi les mesures prioritaires à mettre en œuvre, l’Institut recommande de tenir compte de l’impact des risques climatiques dans l’évaluation des coûts d’entretien des infrastructures. « Le Plan québécois des infrastructures (PQI) représente plus de 130 milliards de dollars sur 10 ans. On est en train de décider maintenant où ces fonds vont être investis. C’est très important qu’on s’assure qu’on inclut là-dedans l’adaptation aux changements climatiques », soutient Mme Homsy.

Si le Québec n’est pas encore doté d’une approche cohérente pour gérer les coûts des risques climatiques, la province serait toutefois en bonne position pour le faire, selon la p.-d.g. de l’IdQ. « On a plein de mesures utiles, comme une bourse du carbone, un Plan pour l’économie verte (PEV), mais il faut vraiment tirer profit de ces atouts et passer à l’action si on veut que le Québec garde sa longueur d’avance », insiste-t-elle.

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