Amazon veut offrir de l’assurance automobile au Québec

Amazon veut pouvoir offir de  l’assurance automobile à ses partenaires de  livraison, soit  les entreprises qui assurent  la livraison des entrepôts aux consommateurs dans le cadre d’un programme lancé par Amazon en 2018.
Bruce Bennett Agence France-Presse Amazon veut pouvoir offir de l’assurance automobile à ses partenaires de livraison, soit les entreprises qui assurent la livraison des entrepôts aux consommateurs dans le cadre d’un programme lancé par Amazon en 2018.

Pour offrir de l’assurance automobile aux entreprises indépendantes québécoises qui livrent ses colis, Amazon a entamé des démarches auprès du gouvernement du Québec pour le convaincre d’apporter des modifications à la Loi sur l’assurance automobile.

Le géant américain du commerce en ligne — qui représente 41 % des achats faits sur Internet dans la province — confirme la tenue de ces démarches au Devoir. L’entreprise de Seattle tient à préciser qu’il ne s’agit pas d’offrir des polices d’assurance automobile directement aux particuliers ou aux entreprises qui vendent leurs produits sur sa plateforme.

Amazon veut offrir de l’assurance auto à ses « partenaires de service de livraison ». Ce sont les entreprises indépendantes assurant la livraison des entrepôts aux consommateurs dans le cadre d’un programme lancé par Amazon en 2018 qui propose un soutien technologique et logistique aux entreprises de livraison.

Amazon s’est récemment inscrit au registre des lobbyistes à cet effet. Il écrit vouloir entamer des démarches auprès du ministère des Finances du Québec afin « de permettre la souscription d’assurances automobile au nom de sous-contractants [sic] », laissant entendre qu’il deviendrait un intermédiaire entre les entreprises de livraison et les assureurs.

« La loi actuelle ne permet pas à des entreprises telles qu’Amazon d’offrir une assurance automobile aux entrepreneurs indépendants par l’entremise d’un fournisseur tiers local », écrit dans un courriel une représentante d’Amazon Canada, qui refuse de préciser les modifications demandées au gouvernement du Québec.

Intérêt croissant pour l’assurance

Serait-ce là un tremplin pour mettre un pied dans le domaine de l’assurance ? Si l’entreprise s’est abstenue de répondre à cette question, son intérêt pour le secteur s’est confirmé dans les dernières années. En 2018, elle a établi en France un partenariat avec la compagnie Aviva : Amazon traite les transactions des contrats d’assurance auto et habitation par son service de paiements Amazon Pay. En 2020, l’entreprise de Jeff Bezos a étendu ses activités à l’Inde en s’associant avec Acko General pour offrir de l’assurance automobile à moindre coût aux membres d’Amazon Prime.

En septembre 2021, la société a établi un autre partenariat, cette fois au Royaume-Uni, avec Superscript, qui est une entreprise technologique spécialisée en assurance. Ce partenariat permet aux membres du programme Business Prime d’Amazon d’acheter auprès de Superscript de l’assurance en cybersécurité et en responsabilité civile professionnelle.

Amazon n’est pas le seul géant du numérique à s’intéresser au secteur. La filiale du groupe Alphabet Verily annonçait en 2020 un partenariat avec l’assureur européen Swiss Re. L’entente concerne l’offre aux entreprises de polices couvrant les dépenses en santé et établies à partir d’estimations des risques qui reposent sur le traitement des données.

Dans un courriel envoyé au Devoir, la Chambre de l’assurance de dommages se dit « sensible à l’arrivée de ces joueurs, comme Amazon ». L’organisme, qui relève de l’Autorité des marchés financiers (AMF) et qui encadre les activités des représentants en assurance de dommages, indique : « Si les consommateurs sont prêts à faire des achats en ligne, nous restons vigilants et proactifs pour nous assurer qu’ils demeurent protégés, peu importe le moyen utilisé pour souscrire des produits d’assurance. »

L’AMF mène actuellement des consultations pour mesurer les effets et les implications du Règlement sur les modes alternatifs de distribution, qui, en vigueur depuis juin 2019, permet, entre autres choses, la vente d’assurances sur Internet.

À l’heure actuelle, des produits d’assurance peuvent donc être vendus en ligne sans qu’un représentant certifié auprès de l’AMF intervienne en personne. Toutefois, les propriétaires des portails doivent être inscrits à titre de cabinets auprès de l’Autorité.

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