Une entreprise française met la main sur La Granaudière

Le producteur français Albioma indique vouloir investir dans les infrastructures québécoises au cours des prochains mois pour que la production annuelle atteigne 200 000 tonnes de granules de bois.
Getty Images Le producteur français Albioma indique vouloir investir dans les infrastructures québécoises au cours des prochains mois pour que la production annuelle atteigne 200 000 tonnes de granules de bois.

Le producteur français d’énergies renouvelables Albioma a mis la main sur l’usine de granules de bois La Granaudière, située dans Lanaudière, qui, en raison de difficultés financières, a dû fermer ses portes après seulement six mois d’activités et près de 30 millions de dollars d’aides financières de Québec. La production reprendra dans les prochains mois.

Le montant de la transaction n’a pas été rendu public. Dans un courriel envoyé au Devoir, le producteur français indique vouloir investir dans les infrastructures québécoises au cours des prochains mois pour que la production annuelle atteigne 200 000 tonnes de granules de bois.

Redémarrage en cours

« Le redémarrage est en cours » et la reprise de la production devrait avoir lieu « dans les prochains mois », indique Charlotte Neuvy, responsable des communications d’Albioma.

Les activités d’Albioma s’articulent essentiellement autour de la transition énergétique et d’énergies renouvelables, comme la biomasse, le solaire et la géothermie. Le groupe français est présent dans l’Hexagone, à l’île Maurice, au Brésil, en Turquie et maintenant au Québec.

Cette première acquisition au Canada permet à Albioma de récolter les engagements à long terme de l’usine de Saint-Michel-des-Saints, qui produit des granules de bois à partir de la biomasse forestière : un contrat de stockage de 45 000 tonnes de granules au port de Québec et des garanties d’approvisionnement en matière première du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec.

« L’acquisition de La Granaudière par Albioma amènera des retombées économiques. Dans ce contexte, il s’agit d’une bonne nouvelle pour la région », affirme au Devoir le ministre de l’Économie du Québec, Pierre Fitzgibbon.

Or, l’usine a dû arrêter ses activités en juillet à cause de difficultés financières découlant de l’effondrement des prix du granule. Au cours de la dernière année, ceux-ci ont été affectés par le ralentissement économique en Europe, qui a freiné la consommation de granules.

En août dernier, c’est à titre de créanciers qu’Investissement Québec et Desjardins ont fait une demande à la Cour supérieure pour déclarer l’entreprise insolvable. Le cabinet comptable Raymond Chabot a alors été mandaté pour trouver un repreneur. Selon les termes de la transaction avec Albioma — qui n’ont pas été détaillés —, une partie de la dette sera remboursée aux créanciers.

27 millions de Québec

Une importante aide financière de Québec a permis la construction et le démarrage de l’usine. Selon les informations transmises par Investissement Québec, les subventions et les prêts ont totalisé près de 29 millions de dollars depuis 2019.

L’acquisition de La Granaudière par Albioma amènera des retombées économiques. Dans ce contexte, il s’agit d’une bonne nouvelle pour la région.

 

En 2020, l’usine réalisait ses premières livraisons outre-mer. En mai 2021, elle annonçait la signature d’un contrat d’approvisionnement de 40 millions de dollars par année pendant 10 ans avec le Groupe ENGIE, un important fournisseur d’électricité européen. Et c’est quelques semaines plus tard qu’elle annonçait sa fermeture.

La production de granules en sol québécois d’Albioma servira à alimenter ses centrales thermiques en Guadeloupe et en Martinique. Ces dernières carburent entièrement à la biomasse, selon les informations transmises par l’entreprise. Lors de l’acquisition, effectuée le 24 décembre dernier, le p.-d.g. d’Albioma, Frédéric Moyne, déclarait : « Grâce à cette transaction qui permet d’accéder à une capacité de production de granulés répondant aux exigences les plus strictes en matière de durabilité, Albioma poursuit et amplifie son engagement dans la transition énergétique outre-mer. »

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