Omicron pourrait provoquer un scénario du pire pour la croissance

La croissance chinoise est pour sa part désormais estimée à 5,1% (–0,3 point), contre 8% (–0,5 point) en 2021.
Photo: Agence France-Presse / China OUT La croissance chinoise est pour sa part désormais estimée à 5,1% (–0,3 point), contre 8% (–0,5 point) en 2021.

La croissance mondiale va ralentir cette année et un scénario du pire n’est pas exclu sous l’effet du variant Omicron, qui se répand comme une traînée de poudre sur tous les continents, accentuant pénurie de main-d’œuvre et problèmes logistiques, a prévenu mardi la Banque mondiale.

L’institution a révisé à la baisse, de 0,2 point, sa prévision de hausse du PIB mondial pour 2022, à 4,1 %, après 5,5 % en 2021, également en baisse de 0,2 point par rapport à l’estimation de juin dernier. Toutefois, selon différentes hypothèses, « les perturbations économiques simultanées provoquées par Omicron pourraient réduire davantage la croissance mondiale cette année, de 0,2 à 0,7 point de pourcentage », ce qui ferait tomber la croissance à 3,9 %, voire 3,4 %.

Ayhan Kose, responsable des prévisions de la Banque mondiale, souligne que cette vague entraîne pour le moment moins de restrictions que la vague initiale de 2020. « Et si la vague venait à s’atténuer bientôt, l’impact économique serait plutôt bénin », dit-il. Mais dans le scénario d’un variant venant à s’installer durablement, les pénuries de main-d’œuvre seraient plus criantes, perturbant encore davantage les chaînes d’approvisionnement mondiales et alimentant l’inflation. Face à une inflation galopante, la banque centrale américaine pourrait remonter brutalement les taux, ce qui renchérirait le coût de l’emprunt pour les pays émergents, déjà soumis à un endettement record.

États-Unis et Chine non épargnés

Ayhan Kose souligne que la vaccination reste l’élément clé, car la menace de nouveaux variants plus transmissibles ou virulents persistera tant qu’une part substantielle de la population mondiale ne sera pas vaccinée. Au rythme actuel de la vaccination, « seulement environ un tiers de la population des pays à faibles revenus n’aura reçu ne serait-ce qu’une seule dose de vaccin, d’ici la fin de 2023 », déplore-t-il dans son rapport.

3,9%
C’est le taux prévu de la croissance mondiale si les perturbations provoquées par le variant perdurent.

Les deux premières puissances du monde, les États-Unis et la Chine, moteurs de la croissance mondiale, ne sont pas épargnées. La croissance américaine a ainsi été révisée en nette baisse pour 2022, à 3,7 % (–0,5 point) après 5,6 % en 2021 (–1,2 point). « Une inflation tenace et un resserrement encore plus rapide de la politique monétaire pourraient conduire à une croissance plus faible que prévu. »

La croissance chinoise est pour sa part désormais estimée à 5,1 % (–0,3 point), contre 8 % (–0,5 point) en 2021. Elle décélère « plus que prévu », remarque l’institution. « La possibilité d’un ralentissement marqué et prolongé du secteur immobilier fortement endetté — et ses effets potentiels sur les prix des logements, les dépenses de consommation et le financement des collectivités locales — constitue un risque de baisse notable pour les perspectives » de l’économie chinoise, conclut la Banque.

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