La Banque Nationale épargnée par Omicron, selon son nouveau président

La Banque Nationale devra composer avec la montée de l’inflation en 2022.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir La Banque Nationale devra composer avec la montée de l’inflation en 2022.

Pour le moment, les perturbations économiques liées au variant Omicron ne devraient pas avoir des répercussions trop grandes sur la Banque Nationale, croit Laurent Ferreira, son président et chef de la direction.

« Quand vous regardez les secteurs les plus touchés, c’est davantage la consommation discrétionnaire et les loisirs, souligne le dirigeant lors d’une présentation virtuelle organisée par RBC Marchés des capitaux. Ce sont des domaines où nous avons une très faible exposition. »

Il a précisé que la situation financière de la majorité de ses clients était bonne. Il a ajouté que l’épargne des ménages est robuste et que le portefeuille de prêts aux entreprises était « bien diversifié ».

M. Ferreira a dit qu’il était encore trop tôt pour connaître l’impact financier d’Omicron sur l’économie et les dépenses des ménages. Il prévoit que les restrictions annoncées par le gouvernement du Québec devraient être levées dans « les prochaines semaines ».

La Banque Nationale devra également composer avec la montée de l’inflation en 2022. L’augmentation des salaires exerce une pression sur la masse salariale de l’institution financière montréalaise. Par contre, une augmentation des taux d’intérêt est généralement favorable pour les marges des banques. À moins que l’économie ne se retrouve dans une situation de stagflation où les perturbations de la chaîne d’approvisionnement viendraient exacerber l’inflation tout en plombant l’économie, M. Ferreira pense que l’inflation sera dans l’ensemble favorable pour la banque. Son équipe anticipe trois hausses des taux d’intérêt d’ici la fin de l’exercice 2022 (31 octobre 2022).

Il s’agissait de la première allocution publique du nouveau grand patron de la Banque Nationale, depuis son entrée en fonction en novembre.

La direction continuera d’investir dans sa « transformation numérique ». M. Ferreira a noté que la stratégie numérique de la Banque Nationale, déployée en 2016, a permis d’améliorer son efficacité. « Il y a encore des améliorations à aller chercher. »

Croître à l’extérieur du Québec est un objectif stratégique important pour nous, et ce n’est pas un problème pour nous

 

Le banquier a dit qu’il comptait multiplier les occasions de ventes croisées entre les divisions de gestion de patrimoine, de banque privée et de services aux entreprises. « Nous voyons une tonne de synergies potentielles, et notre intention est de permettre à ces lignes d’activités de travailler davantage ensemble. »

Le dirigeant a réitéré qu’il voyait des occasions de croissance au Canada, tant au Québec que dans les autres provinces. Il a rappelé que les activités des marchés des capitaux engrangeaient la majorité de leurs revenus à l’extérieur de la province. Il a souligné que l’institution financière avait déjà une expertise dans certains segments d’affaires comme la santé, l’agriculture et les technologies à l’extérieur de la province. « Croître à l’extérieur du Québec est un objectif stratégique important pour nous, et ce n’est pas un problème pour nous », a répondu le dirigeant.

Lors du dévoilement des plus récents résultats trimestriels en novembre, M. Ferreira avait dit qu’il ne comptait pas faire d’acquisitions dans les pays émergents, même si ABA Bank, la banque cambodgienne que détient la Nationale, enregistrait une forte croissance.

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