Les employeurs heureux de la réduction de la période d’isolement

Près de 240 000 postes étaient vacants au Québec à la fin de 2021, selon Statistique Canada.
Photo: Nathan Denette La Presse canadienne Près de 240 000 postes étaient vacants au Québec à la fin de 2021, selon Statistique Canada.

La réduction de la période d’isolement, annoncée mardi, démontre que le gouvernement a écouté les employeurs, selon le Conseil du patronat du Québec (CPQ).

«En contexte de pénurie de main-d’œuvre, que les travailleurs puissent revenir plus tôt au travail, c’est une bonne nouvelle pour l’économie», a dit Karl Blackburn, président et chef de la direction du CPQ.

Près de 240 000 postes étaient vacants au Québec à la fin de 2021, selon Statistique Canada.

La chaîne de restaurants de poulet rôti Benny&Co., qui produit maintenant seulement des plats pour emporter, en livraison ou en épicerie, est notamment à la recherche de centaines de travailleurs. Or, depuis la mi-décembre, environ 15% des 2200 employés de l’entreprise ont dû se placer en isolement en raison de la COVID-19. Certains des 71 établissements de la marque ont dû fermer pour un ou deux jours.

«C’est un défi de tous les jours de ne pas fermer de succursales et d’offrir le service à nos clients qui en ont besoin. On dirait qu’on est toujours à un ou deux employés près d’être en situation critique, dit Nicolas Filiatrault, vice-président Finances et administration chez Benny&Co.. On accueille bien la quarantaine de cinq jours, ça va nous aider à reprendre le dessus un peu plus rapidement.»

M. Filiatrault reconnaît qu’une période d’isolement raccourcie n’est pas idéale d’un point de vue de santé publique, mais qu’elle est nécessaire. «Est-ce qu’il y aura certaines éclosions? Je suppose que oui. Mais ça vaut la peine pour qu’on puisse faire notre épicerie et aller chercher notre poulet.»

Miser sur les tests rapides

Pour s’assurer que leurs employés puissent être adéquatement dépistés, l’entreprise s’est approvisionnée, à grands frais, en tests rapides comme ceux qui sont distribués en pharmacie. Ils sont donnés aux travailleurs qui ont des symptômes ou qui ont été en contact avec un cas positif.

D’autres entreprises, comme le Groupe Robert, n’ont pas encore réussi à obtenir des tests rapides. La compagnie de logistique et de transport, qui oeuvre notamment dans le domaine de l’alimentation, a toutefois aussi des enjeux de personnels liés au variant Omicron. Ce sont 70 de leurs 1200 employés d’entrepôt qui sont actuellement en isolement, dont plus de la moitié de façon préventive.

Le Conseil du patronat du Québec estime d’ailleurs que l’autodépistage est une solution adéquate et que le gouvernement doit faciliter l’accès à ces tests pour toutes les entreprises. «Concernant les tests PCR, nous comprenons le fait que le gouvernement doit actuellement prioriser les milieux vulnérables et ainsi limiter la pression sur le système de santé», souligne toutefois le vice-président aux affaires publiques et gouvernementales du CPQ, Arnaud Champalbert.

Craintes syndicales

La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), qui représente plus de 600 000 personnes, ne partage pas l’enthousiasme du milieu des affaires. «C’est une nouvelle qui nous inquiète particulièrement alors qu’on sait que les milieux de travail sont les lieux parmi lesquels on compte les plus hauts taux de contamination», indique le président de la centrale syndicale, Daniel Boyer, par voie de communiqué.

Ce dernier a aussi demandé des précisions par rapport à cette annonce. «Par exemple, est-ce que les personnes infectées travailleront avec celles qui ne le sont pas?», se demande M. Boyer.

À voir en vidéo