Les prix des propriétés devraient se stabiliser au Québec en 2022

Le prix médian d’une maison unifamiliale a connu dans la dernière année une hausse de près de 24%, pour atteindre 362 000$ au Québec et 493 460$ dans la région de Montréal, selon l’APCIQ.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir Le prix médian d’une maison unifamiliale a connu dans la dernière année une hausse de près de 24%, pour atteindre 362 000$ au Québec et 493 460$ dans la région de Montréal, selon l’APCIQ.

Après des records de ventes en 2020 et des records de prix en 2021, le coût d’achat des propriétés devrait se stabiliser au Québec en 2022, prévoit l’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec (APCIQ).

L’organisation a présenté mardi son bilan de 2021 et ses perspectives pour l’année à venir. On y a souligné que le prix médian d’une maison unifamiliale avait connu dans la dernière année une hausse de près de 24 %, pour atteindre 362 000 $ au Québec et 493 460 $ dans la région de Montréal. Parmi les raisons expliquant ce sommet, il y a « le niveau plancher des taux d’intérêt hypothécaires et la hausse du revenu disponible de nombreux ménages durant cette deuxième année de pandémie », a expliqué l’APCIQ dans un communiqué diffusé mardi.

L’APCIQ a dit voir un début de bulle immobilière à Montréal, « qui se caractérise, d’une part, par l’incapacité de la majorité des premiers acheteurs d’accéder à la propriété et, d’autre part, par la vulnérabilité des nouveaux acheteurs et des acheteurs expérimentés ». Mais le directeur du service de l’analyse du marché, Charles Brant, croit que la hausse prévue des taux d’intérêt en 2022 permettra de désamorcer la formation de cette bulle.

En 2022, l’APCIQ prédit plutôt une hausse des prix de 3 % pour les maisons québécoises. Dans la région métropolitaine de Montréal, les prix des copropriétés ne devraient pas augmenter de plus de 1 %, après des hausses de 18 % en 2021, selon l’organisation.

Le phénomène de surenchère, qui a plombé l’abordabilité pour les familles et mené à des prix « insoutenables », devrait se calmer en 2022, croit M. Brant.

3 %
C’est la hausse des prix prévue pour l’année prochaine par l’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec.

« On devrait s’attendre à plus de remises de propriétés sur le marché en 2022 et à un plafonnement de la hausse des prix. On arrive à des niveaux où on atteint le maximum de ce que peut s’offrir un ménage moyen. Donc, forcément, il va y avoir moins de surenchère », a-t-il expliqué lors de la conférence en ligne Fenêtre sur le marché immobilier présentée mardi.

Moins d'optimisme chez Royal LePage
L’entreprise immobilière Royal LePage est d’accord pour dire que la hausse des prix des propriétés sera plus modérée cette année. Dans une analyse publiée mercredi, l’entreprise pancanadienne l’évalue toutefois à 8 % pour le Grand Montréal.

La frénésie du marché immobilier devrait se poursuivre jusqu’à la hausse des taux d’intérêt, probablement au printemps ou à l’été, selon Dominic St-Pierre, vice-président et directeur général de Royal LePage au Québec. Il estime que les prix se stabiliseront par la suite.

« Quand la Banque du Canada va annoncer officiellement l’augmentation du taux directeur, on l’a vu historiquement, ça crée un engouement pour essayer d’acheter avant cette période. Il va sûrement y avoir une hausse drastique de la demande », a-t-il expliqué. L’arrivée d’un grand nombre d’immigrants, par rapport aux deux dernières années pandémiques, devrait aussi maintenir une demande et des prix élevés, croit M. St-Pierre.

« On pense qu’il va y avoir un peu moins de transactions, étant donné le manque d’inventaire, mais les prix vont rester très hauts, malheureusement », a-t-il ajouté. 

Une baisse des ventes en vue ?

De son côté, l’APCIQ croit que de moins en moins de ménages devraient acheter des propriétés dans la prochaine année, selon les prévisions de l’organisation. L’APCIQ entrevoit une baisse de 12 % des ventes de propriétés au Québec et de 14 % dans la grande région de Montréal. Dans la province, les ventes avaient augmenté de 16 % en 2020, pour diminuer de 3 % en 2021.

D’après M. Brant, certains acheteurs vont reporter leur achat en espérant que le marché se calme. « Et avec la hausse des taux d’intérêt, il va y avoir moins de ménages qui vont se qualifier pour acquérir des biens immobiliers », a-t-il ajouté. Le marché restera toutefois favorable aux vendeurs, selon M. Brant. « Vendez, c’est le moment avant que le marché soit moins propice », a-t-il conseillé.

À voir en vidéo