Les acériculteurs pigent dans leur «réserve»

Les exportations de sirop d’érable canadien – essentiellement du Québec – ont augmenté de 20% depuis janvier 2020.
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne Les exportations de sirop d’érable canadien – essentiellement du Québec – ont augmenté de 20% depuis janvier 2020.

L’association des producteurs de sirop d’érable du Québec libère la moitié de sa « réserve stratégique » dans le but de faire face à une pénurie mondiale de « l’or blond » québécois.

Hélène Normandin, directrice des communications pour les Producteurs et productrices acéricoles du Québec, a indiqué lundi que l’organisation mettrait sur le marché mondial d’ici février 23 millions de kilogrammes de sirop d’érable — une valeur d’environ 150 millions de dollars.

« Ce n’est pas inquiétant, parce qu’on a une réserve. Si on n’en avait pas une, on serait dans le trouble. La réserve, c’est justement pour ça », a expliqué Mme Normandin, qui affirme que la demande de sirop d’érable dépasse l’offre cette année.

Elle explique que les exportations de sirop d’érable canadien — essentiellement du Québec — ont augmenté de 20 % depuis janvier 2020.

Par ailleurs, l’hiver particulièrement clément de l’an dernier a fait baisser le rendement d’environ 18 millions de kilogrammes de sirop par rapport à l’année précédente. La production s’est ainsi chiffrée à 60 millions de kilogrammes.

« On travaille avec la nature, on sait que c’est normal et que toutes les saisons ne sont pas pareilles », a indiqué Hélène Normandin.

Elle a mentionné que l’augmentation de la demande s’expliquait notamment par le fait que les États-Unis ne disposaient pas de leur propre réserve de sirop.

« L’année en cours ne suffit pas. Leur sirop qui a été produit en 2021 a tout été vendu, et ils pigent davantage chez nous », a-t-elle déclaré.

Mme Normandin assure que les consommateurs ne devraient pas s’inquiéter, parce que son organisation a justement créé une réserve stratégique pour faire face à de telles pénuries saisonnières. Cette réserve, créée en 2000, peut contenir jusqu’à 45 millions de kilogrammes de sirop d’érable.

« Ça stabilise l’offre, dans des situations où on produit un peu moins ou alors que la demande augmente. On est en mesure de toujours répondre, ce n’est pas uniquement la production annuelle qui va permettre de répondre à la demande de sirop d’érable cette année, mais du fait qu’on a une réserve pour piger et combler », a ajouté Hélène Normandin.

Le Québec produit près des trois quarts de l’approvisionnement mondial en sirop d’érable et exporte la denrée dans plus de 60 pays.

La directrice des communications pour les Producteurs et productrices acéricoles du Québec a déclaré qu’afin d’éviter de futures pénuries, sept millions d’arbres s’ajouteront, au cours des trois prochaines années, aux 50 millions qui sont entaillés chaque année dans la province.

« Peut-être que nous en ajouterons encore plus [des arbres] — il y a encore de la place si tout le monde commence à consommer du sirop d’érable dans le monde ! »

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