Variant Omicron: Québec paiera ce qu’il faudra

Eric Girard ne croit pas que ce nouveau développement sur le front pandémique vienne déjà remettre en cause la validité de la mise à jour économique et financière qu’il a présentée jeudi.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Eric Girard ne croit pas que ce nouveau développement sur le front pandémique vienne déjà remettre en cause la validité de la mise à jour économique et financière qu’il a présentée jeudi.

Le gouvernement du Québec paiera ce qu’il faudra si le nouveau variant Omicron vient bouleverser ses plans économiques et exercer de nouvelle pression sur les dépenses en santé, affirme le ministre des Finances, Eric Girard.

« Il n’y a pas de croissance économique s’il n’y a pas de sécurité sanitaire », a-t-il martelé lundi devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain. « Durant la pandémie, ç’a été ressources illimitées en santé. Tout ce qui a été demandé a été donné », a-t-il rappelé, précisant que la facture nette à ce chapitre s’élève à l’heure actuelle à 17 milliards de dollars.

On verra bien ce que les événements et la science nous apprendront sur ce nouveau variant de la COVID-19, a-t-il dit sur la question, mais le gouvernement entend « continuer d’allouer les ressources [nécessaires] ».

Eric Girard ne croit pas que ce nouveau développement sur le front pandémique vienne déjà remettre en cause la validité de la mise à jour économique et financière qu’il a présentée jeudi. « Les chiffres de croissance pour le Québec en 2021 sont solides », a-t-il fait valoir en point de presse après sa conférence. « Pour 2022, on est conservateurs avec notre prévision et, s’il fallait la modifier, on le ferait au budget. »

Il n’y a pas de croissance économique s’il n’y a pas de sécurité sanitaire. Durant la pandémie, ç’a été ressources illimitées en santé. Tout ce qui a été demandé a été donné.

 

Fort d’une croissance économique « exceptionnelle » de 6,5 %, cette année, le ministre a notamment révisé à la baisse le déficit attendu (de 12,3 milliards à 6,9 milliards) et annoncé 10,7 milliards de nouveaux investissements sur cinq ans, dont 2,1 milliards pour combattre « l’inflation galopante », presque 3 milliards pour contrer la rareté de main-d’œuvre et 4,4 milliards en santé.

Chaque recul de 1 % du produit intérieur brut (PIB) coûte environ un milliard au gouvernement, a indiqué le ministre des Finances.

Le Québec en avance

Alors qu’Eric Girard s’adressait à quelque 300 gens d’affaires venues l’entendre dans un hôtel du centre-ville de Montréal, l’Institut de la statistique du Québec rapportait un rebond du PIB réel québécois en août de 0,9 % à la suite du repli de 0,7 % du mois précédent. Plus importante que prévu, cette remontée porte la croissance des huit premiers mois de l’année à un niveau supérieur de 8,4 % à ce qu’elle avait été pour la même période l’an dernier.

L’économie québécoise dépassait à la fin du mois d’août de 1 % le niveau qu’elle avait juste avant que la pandémie ne s’abatte sur elle, alors que l’ensemble du Canada accuse encore un retard de 1,4 %. Appuyée par des politiques budgétaires et monétaires qui resteront stimulantes, cette expansion devrait se poursuivre l’an prochain, ont observé dans une brève analyse les économistes Jocelyn Paquet et Matthieu Arseneau de la Banque Nationale. « Mais tout cela suppose que la situation sanitaire demeure sous contrôle. »

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