Pétition contre l’indemnisation des pétrolières

Il ne resterait pas moins de 182 permis d’exploration pétrolière et gazière toujours en vigueur au Québec qui couvriraient plus de 32 000 kilomètres carrés de territoire.
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir Il ne resterait pas moins de 182 permis d’exploration pétrolière et gazière toujours en vigueur au Québec qui couvriraient plus de 32 000 kilomètres carrés de territoire.

Une pétition a été lancée mercredi contre l’indemnisation des entreprises qui seront affectées par l’interdiction éventuelle de l’exploitation pétrolière et gazière au Québec.

Plus d’une trentaine d’organismes, dont des groupes écologistes et des associations étudiantes, parrainent cette pétition.

Ils veulent ainsi faire pression sur le gouvernement Legault, qui a déjà annoncé son intention de renoncer à l’exploitation des hydrocarbures au Québec.

Or, il ne resterait pas moins de 182 permis d’exploration pétrolière et gazière toujours en vigueur au Québec qui couvriraient plus de 32 000 kilomètres carrés de territoire.

L’Association de l’énergie du Québec, qui représente les entreprises pétrolières et gazières, a déjà fait savoir que des indemnités très élevées pourraient être exigées.

Les organismes font pour leur part valoir que l’État n’a pas l’obligation de dédommager les entreprises lésées, en se fondant sur un rapport récent du Centre québécois du droit de l’environnement (CQDE).

Pas de « cadeau » pour l’industrie

« Donner des fonds publics en cadeau aux pétrolières et gazières est un choix politique et non une obligation » juridique, plaide le regroupement.

Au cours d’un entretien téléphonique, un des porte-parole du regroupement des organismes, Adrien Guibert, a en outre affirmé que les énergies fossiles ont déjà coûté assez cher aux contribuables du Québec.

Par ailleurs, il a laissé entendre que si le Québec devenait un des premiers États à indemniser les entreprises pétrolières et gazières, cela créerait un dangereux précédent pour d’autres États où cette industrie pèse beaucoup plus lourd, comme en Alberta.

Enfin, les organismes soutiennent que les compagnies pétrolières et gazières connaissaient dès le départ « les risques environnementaux et financiers inhérents au développement de leurs activités ».

Plus tôt en automne, le premier ministre François Legault avait dit que son gouvernement étudiait la possibilité de racheter les permis accordés aux entreprises.

La pétition réclame aussi l’adoption rapide d’un projet de loi interdisant toute exploration en vue de trouver des hydrocarbures et toute extraction, que ce soit dans les milieux terrestres, aquatiques ou marins.

Parmi les organismes qui se joignent à la campagne de pétition figurent notamment Greenpeace, Équiterre, mais aussi l’Association québécoise des médecins pour l’Environnement, ainsi qu’un grand nombre d’associations étudiantes, entre autres de Polytechnique, ainsi que de l’Université de Sherbrooke et certaines constituantes de l’Université du Québec.

Une coalition contre les hydrocarbures

Rappelons qu’au cours de la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques, la COP26, qui s’est tenue à Glasgow récemment, François Legault a annoncé que le Québec adhérait à l’association Beyond Oil and Gas Coalition (BOGA). Ce regroupement comprend notamment le Danemark et le Costa Rica.

Le Québec est devenu le premier État en Amérique du Nord à se joindre à cette coalition et à s’engager ainsi à renoncer à l’extraction des hydrocarbures.

L’ONU avait invité M. Legault à prendre la parole dans un des ateliers de la COP26, dans la foulée de son adhésion à la BOGA.

Un parti contre

À la fin d’octobre, QS avait pris position contre l’indemnisation des entreprises pétrolières actives au Québec.

QS déplorait notamment que le Québec eût déjà dû indemniser à hauteur de 120 millions $ des entreprises qui détenaient des permis pour des projets sur l’île d’Anticosti, mais aussi pour les projets Galt et Bourque, en Gaspésie.

Le parti rappelait également que le Québec allait devoir débourser 54 millions $ pour sécuriser et nettoyer une trentaine de puits de gaz abandonnés sur le territoire.

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