La Banque Laurentienne va réduire de moitié ses espaces de bureau au centre-ville de Montréal

La Banque a aussi aboli 64 postes «de tous les niveaux» avant l’annonce. De ce nombre, 40% sont au Québec.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir La Banque a aussi aboli 64 postes «de tous les niveaux» avant l’annonce. De ce nombre, 40% sont au Québec.

La Banque Laurentienne va réduire ses espaces de bureau de moitié au centre-ville de Montréal dans le cadre de son plan stratégique qu’elle dévoilera le 10 décembre prochain.

L’institution financière montréalaise a annoncé, mardi, qu’elle réduirait de 50 % ses espaces de bureau à Montréal, Toronto et Burlington. L’annonce ne concerne pas le réseau de succursales. La direction prévoit une charge de 49 millions $ liée à cette décision.

La diminution est de 50 % dans chaque ville, précise Merick Séguin, directeur principal des relations avec les médias. À Montréal, l’annonce ne touche que le siège social au centre-ville.

Les changements n’ont pas encore eu lieu, a dit Yvan Deschamps, chef des finances, lors d’une conférence avec les analystes. «Nous allons commencer le processus de sous-location de cet espace.»

La Laurentienne va prioriser le travail à la maison pour les tâches qui le permettent, a dit Rania Llewellyn, présidente et chef de la direction. «Ce sera un important facteur différentiel dans l’attraction des talents.»

La Banque a aussi aboli 64 postes «de tous les niveaux» avant l’annonce. De ce nombre, 40 % sont au Québec. Elle prévoit une charge de 9 millions $ à cet égard.

Un plan de restructuration attendu

La Banque Laurentienne tente depuis plusieurs années de transformer ses activités. Un premier plan de transformation de sept ans avait été adopté en 2015. Entrée en fonction en octobre 2020, Mme Llewellyn a promis de présenter un nouveau plan stratégique.

En prévision du plan qu’elle présentera le 10 décembre, la Laurentienne a déclaré qu’elle prévoit certaines charges au quatrième trimestre de l’exercice 2021, lesquelles devraient entraîner une réduction de 163 millions $ de son bénéfice après impôts.

Avant impôt, la charge atteint 209 millions $, ce qui est plus élevé que le total des charges enregistrées depuis 2015, note Mario Mendoca, de Valeurs mobilières TD, dans une note.

Doug Young, de Desjardins Marché des capitaux, se demande si ces charges ne sont pas un autre chapitre «d’une histoire sans fin». Les économies annuelles de 20 millions $ prévues à partir de 2022 sont modestes en comparaison de l’ampleur des charges annoncées, selon lui.

Mme Llewellyn juge, pour sa part, que les décisions prises par la banque étaient «difficiles, mais nécessaires». «Nous sommes plus confiants que jamais quant à notre avenir.»

Les charges devraient réduire son bénéfice ajusté de 14 millions $ après impôts. Le bénéfice dilué par action présentée devrait être touché de 3,73 $ et le bénéfice dilué ajusté par action, de 33 cents.

La dirigeante a donné peu de détails sur les éléments qui se trouveraient dans le plan stratégique. La banque, qui publiera également ses résultats le 10 décembre prochain, est dans une période silencieuse.

La Laurentienne a tout de même annoncé qu’elle regrouperait ses deux plateformes numériques en une seule, LBC Direct, à partir de 2022. «Les clients de LBC Digital n’ont pas besoin de prendre de mesures pour le moment, assure M. Séguin dans un courriel. Tous les clients concernés recevront des communications, des conseils et du soutien en temps opportun afin de s’assurer qu’ils puissent continuer à recevoir les meilleurs produits et services possibles de la Banque Laurentienne.»

À la fermeture, l’action de la Laurentienne clôturait en baisse de 1,89 $, ou 4,57 %, à 39,44 $ à la Bourse de Toronto.

À voir en vidéo