La grève à la SAQ a des «impacts significatifs»

Le débrayage ne concerne pas les commerces de la SAQ, où les travailleurs sont syndiqués auprès d’une autre organisation. Mais les livraisons aux succursales sont annulées, «ce qui pourrait réduire temporairement l’offre de produits disponibles en magasin».
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Le débrayage ne concerne pas les commerces de la SAQ, où les travailleurs sont syndiqués auprès d’une autre organisation. Mais les livraisons aux succursales sont annulées, «ce qui pourrait réduire temporairement l’offre de produits disponibles en magasin».

La direction de la Société des alcools (SAQ) affirme subir d’importantes répercussions sur sa chaîne d’approvisionnement, après seulement deux jours de grève du syndicat qui représente les employés d’entrepôt et de l’approvisionnement des succursales.

La section locale du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), affilié à la FTQ, a déclenché une grève illimitée lundi matin à 5 h, après avoir tenu une seule journée de grève le 16 novembre.

La direction de la SAQ s’est dite surprise de ce débrayage, d’autant plus que des séances de négociation avec le SCFP sont prévues cette semaine.

Le débrayage ne concerne pas les commerces de la société d’État, où les travailleurs sont syndiqués auprès d’une autre organisation.

Toutefois, la direction rapporte « des impacts significatifs sur l’ensemble de la chaîne logistique de la SAQ » à cause du caractère névralgique de ses entrepôts.

« Les succursales demeurent ouvertes et le site transactionnel SAQ.com demeure fonctionnel, mais les délais de livraison seront allongés », a prévenu la direction de la Société des alcools.

Entre autres, les livraisons aux succursales sont annulées, « ce qui pourrait réduire temporairement l’offre de produits disponibles en magasin ».

De même, le service à l’auto et les livraisons pour les restaurants, les bars et les titulaires de permis sont interrompus, tout comme les livraisons vers les entrepôts des épiceries et des dépanneurs, a aussi précisé la direction de la société d’État. En outre, « le ramassage des commandes auprès des producteurs locaux du Québec sera reporté », a ajouté la SAQ.

Et la négociation

Quant à la négociation de la convention collective avec le SCFP, la direction nie les allégations de recours à des travailleurs de remplacement formulées par le syndicat.

Dimanche, le SCFP avait affirmé être contraint de déclencher une grève, voyant l’employeur chercher à obtenir les services d’autres travailleurs d’entrepôt parallèlement au service de ses propres employés, qui n’étaient alors pas en grève.

En déclenchant une grève, le syndicat voulait empêcher cette pratique, puisqu’un employeur ne peut employer des travailleurs de remplacement — communément appelés « scabs » — pendant une grève, conformément au Code du travail.

« Nous négocions de bonne foi avec celui-ci [le syndicat] depuis déjà deux mois et nous respectons toutes les dispositions du Code du travail », s’est défendue la direction de la SAQ lorsque contactée lundi.

Le SCFP a indiqué dimanche s’attendre au dépôt d’une offre intéressante de la part de l’employeur mardi. La grève « illimitée » déclenchée lundi matin pourrait donc être écourtée.

« Pour l’instant, c’est une grève sans limites. Mais on est en pourparlers avec l’employeur, et mardi, on va négocier. Et j’ai entendu l’employeur me dire que mardi, il arriverait avec des offres substantielles. On va voir », avait affirmé en entrevue Michel Gratton, conseiller syndical du SCFP pour ce dossier.

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