Le p.-d.g. Michael Rousseau amorce des cours de français

Une manifestation pour la défense du français est organisée pour samedi prochain, devant le siège social d’Air Canada à Montréal.
Photo: Getty Images Une manifestation pour la défense du français est organisée pour samedi prochain, devant le siège social d’Air Canada à Montréal.

Au cœur d’une controverse linguistique, le p.-d.g. d’Air Canada, Michael Rousseau, se met à l’apprentissage du français. Dans une lettre transmise à la vice-première ministre Chrystia Freeland, le président du conseil d’administration d’Air Canada, Vagn Sorensen, a fait savoir que M. Rousseau venait de commencer « un apprentissage intensif du français ».

« Il ne s’agit pas uniquement d’un engagement personnel de sa part, mais d’un élément qui fera partie intégrante de son évaluation de rendement, conformément aux évaluations annuelles menées par le conseil. Il peut compter sur notre soutien dans l’amorce de cet important cheminement pour lui et sur celui de son équipe de hauts dirigeants qui, tous les cinq, sont francophones ou parlent français », a ajouté M. Sorensen.

« Nous prenons nos responsabilités à l’égard de la Loi sur les langues officielles très au sérieux », a-t-il ajouté, en révisant périodiquement la conformité aux lois et aux règlements.

« Nous inclurons votre recommandation relative à l’examen des politiques et des pratiques en matière d’utilisation du français dans toute l’entreprise à la prochaine réunion du Comité de gouvernance », écrit-il encore à la ministre Freeland.

La ministre avait auparavant écrit au conseil d’administration pour lui demander d’agir à ce chapitre. Elle avait aussi demandé que la connaissance du français soit un critère important dans les promotions.

M. Rousseau a adressé une lettre aux employés d’Air Canada pour réitérer sa volonté d’apprendre le français. « Je réitère mes plus sincères excuses, particulièrement à mes collègues, pour ne pas avoir démontré plus de sensibilité à l’égard de l’importance de parler français au Québec », a-t-il affirmé.

Une manifestation samedi

Une manifestation pour la défense du français est organisée pour samedi prochain, devant le siège social d’Air Canada à Montréal.

Les organisateurs souhaitent ainsi faire pression sur le conseil d’administration d’Air Canada, qui ne respecte pas, selon eux, son propre plan d’action linguistique sur la promotion des deux langues officielles au sein de l’entreprise.

« Nous allons devant Air Canada pour leur rappeler qu’ils n’ont pas respecté leur propre plan d’action linguistique 2020-2023 qui stipule qu’“Air Canada est fière de fournir des services dans les deux langues officielles et fait preuve d’un véritable leadership parmi les grandes entreprises canadiennes en matière de promotion du bilinguisme” », a expliqué en entrevue mardi Marie-Anne Alepin, présidente de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal.

Mme Alepin dit ne pas viser personnellement le président d’Air Canada, Michael Rousseau. Elle dit viser d’abord le conseil d’administration, qui fait si peu de cas de la présence du français au sein de l’entreprise.

Mme Alepin s’est également dite « très heureuse » que M. Rousseau a commencé des cours de français. Mais, selon elle, cela ne change rien au fait que « le français recule » et qu’il s’agissait là d’un énième exemple l’illustrant.

 

Plus de 2000 plaintes

Devant la multiplication des plaintes liées au discours en anglais et aux propos du
président-directeur général d’Air Canada, Michael Rousseau, le Commissariat aux langues officielles ne fournira plus de mise à jour quotidienne de leur nombre. « Nous concentrons maintenant nos efforts sur le traitement des quelque 2000 plaintes qui ont été déposées jusqu’à maintenant », a fait savoir la porte-parole, Sonia Lamontagne. Le Commissariat a reçu un nombre record de plaintes depuis mercredi dernier et les employés doivent vérifier durant les prochaines semaines si elles sont recevables en vertu de la Loi sur les langues officielles.
Le Devoir


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