PKP se demande ce qui se passe chez Rogers

Le président de Québecor, Pierre Karl Péladeau, n’a pas voulu dévoiler son jeu quant à l’acquisition potentielle de Freedom Mobile.
Adrian Wyld La Presse canadienne Le président de Québecor, Pierre Karl Péladeau, n’a pas voulu dévoiler son jeu quant à l’acquisition potentielle de Freedom Mobile.

Le président et chef de la direction de Québecor, Pierre Karl Péladeau, n’a pas voulu dévoiler son jeu quant à l’acquisition potentielle de Freedom Mobile, mais il reconnaît que la saga familiale qui secoue Rogers amène son lot d’incertitude.

Rogers n’a pas encore obtenu le feu vert des autorités réglementaires pour son offre d’achat de 26 milliards pour Shaw. Les analystes anticipent qu’une condition de l’approbation sera la vente de Freedom Mobile, un fournisseur appartenant à Shaw. Québecor a exprimé son intérêt pour la division dans le cadre d’un plan d’expansion plus large à l’extérieur du Québec.

Or, une lutte de pouvoir digne d’un feuilleton télévisé ébranle Rogers. Les concurrentes Bell et Telus ont demandé mercredi au Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) de reporter les audiences en raison de ce conflit interne. Elles doivent commencer le 22 novembre.

« Nous avons de la difficulté à savoir ce qu’il advient avec Rogers et Shaw, a répondu M. Péladeau lors d’une conférence avec les analystes financiers visant à discuter des résultats du troisième trimestre. Nous n’allons pas ouvrir notre jeu. Nous croyonscependant que nous avons à notredisposition les meilleurs outils et moyens financiers pour Freedom Mobile. »

Le dirigeant n’a pas voulu dire si l’acquisition de Freedom Mobile était essentielle à son plan d’expansion à travers le Canada. Il a toutefois mentionné que la compagnie avait plusieurs éléments à sa disposition pour poursuivre son expansion, notamment l’acquisition de 294 blocs de spectre à un prix de 830 millions réalisée l’été dernier, un jugement favorable du CRTC qui contraint Bell, Rogers et Telus à partager leur réseau avec un nouvel opérateur et une plateforme numérique fonctionnelle.

Relations tendues

 

M. Péladeau souligne que le marché du Québec était rendu « assez mature » et qu’il croyait que le reste du Canada, où la concurrence est moins forte, offrait des occasions d’affaires lucratives.

Les relations sont également tendues entre Rogers et Québecor en ce moment. La filiale Vidéotron a déposé une poursuite de 850 millions contre la société torontoise. Vidéotron affirme que Rogers a « provoqué artificiellement une impasse » dans une entente conclue entre les deux entreprises pour créer un réseau sans fil commun au Québec et à Ottawa. Québecor aurait fait les efforts nécessaires pour régler le différend sans passer par les tribunaux, affirme M. Péladeau. « À la lumière de ce qui se passe chez Rogers, on comprend pourquoi nos discussions n’étaient pas prioritaires. Nous espérons que, lorsque les choses se seront calmées chez Rogers, nous aurons la chance de mener un dialogue constructif. »

À lui seul, le secteur des télécommunications de Québecor, avec ses 939,5 millions de revenus, représente la plus grosse part des recettes de l’entreprise au troisième trimestre, en hausse de 3,3 %, à 1,15 milliard. Le bénéfice ajusté par action atteint 0,73 $, comparativement à 0,69 $ à la même période l’an dernier.

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