La Fed réduit le rythme de ses injections de liquidités aux États-Unis

La Fed a campé sa décision dans un contexte où «les progrès de la vaccination et un fort appui des pouvoirs publics contribuent au renforcement de l’activité économique et de l’emploi» aux États-Unis.
Photo: Saul Loeb Agence France-Presse La Fed a campé sa décision dans un contexte où «les progrès de la vaccination et un fort appui des pouvoirs publics contribuent au renforcement de l’activité économique et de l’emploi» aux États-Unis.

La Réserve fédérale américaine (Fed) commence à son tour à réduire ses injections massives de liquidités dans l’économie et se tient prête à en faire plus si l’économie se raffermit ou si la situation sur le front de l’inflation le commande.

Télégraphiée depuis des semaines, la décision de mercredi de la banque centrale américaine marque néanmoins une étape importante.

 

Jusque-là d’au moins 120 milliards par mois, les nouveaux achats d’obligations du gouvernement et de titres hypothécaires de son programme d’assouplissement quantitatif seront abaissés de 15 milliards ce mois-ci, puis de 15 milliards supplémentaires le mois prochain et ainsi de suite, de manière à cesser complètement au milieu de l’année prochaine, à moins que les événements ne forcent un changement de cap.

Ces achats d’actifs de la Fed ont plus que doublé la taille de son bilan depuis le début de la crise. Il est passé d’un peu moins de 4000 milliards en février 2020 à plus de 8000 milliards en septembre dernier.

La Banque du Canada a eu recours au même genre d’intervention monétaire durant la crise, mais est plus avancée dans son retour à la normale. Son propre programme d’assouplissement quantitatif, de 5 milliards par semaine durant les jours les plus sombres de la pandémie, a graduellement été réduit et se contente, depuis la semaine dernière, de racheter des obligations au même rythme que celles qu’elle détient arrivent à échéance.

Et l’inflation ?

La Fed a campé sa décision de mercredi dans un contexte où « les progrès de la vaccination et un fort appui des pouvoirs publics contribuent au renforcement de l’activité économique et de l’emploi » aux États-Unis.

Mais avec encore près de cinq millions d’emplois de moins qu’en février 2020, et en dépit d’une inflation qui s’élevait à 4,4 % sur un an en septembre, il faudra s’être beaucoup plus rapproché de son double objectif de plein-emploi et d’inflation à long terme à 2 % pour qu’elle commence à relever les taux d’intérêt, a-t-elle prévenu, gardant du même coup son taux directeur au plancher, dans l’étroite fourchette entre 0 % et 0,25 %.

Talonné par ceux qui veulent savoir maintenant quand la Fed commencera à relever ses taux, son président, Jerome Powell, a admis, en conférence de presse, s’être trompé plus d’une fois sur l’ampleur et la durée de la poussée inflationniste des derniers mois, mais a répété que cette dernière était largement le résultat de facteurs transitoires et a estimé qu’elle devrait s’atténuer « d’ici le deuxième ou le troisième trimestre » de l’an prochain.

Disant comprendre « les difficultés que la forte inflation pose pour les personnes et les familles, en particulier celles qui ont des moyens de subsistance limités », il a assuré qu’il n’hésiterait pas à accélérer la réduction de son soutien monétaire à l’activité économique si la situation devait emprunter une mauvaise tangente.

« Malgré la force inquiétante de l’inflation, on ne s’attend pas pour le moment à ce que la Fed augmente ses taux directeurs avant la seconde moitié de 2022 », a commenté dans une brève analyse l’économiste principal au Mouvement Desjardins, Francis Généreux. Son confrère de la Banque TD, James Orlando, croit que la première hausse viendra l’été prochain, alors que Gregory Daco, d’Oxford Economics, ne l’attend pas avant décembre 2022.

À voir en vidéo