Nouvel écueil dans le dossier Ray-Mont

Aucune solution consensuelle n'a été présentée, selon le bilan rendu public mardi.
Photo: Alexandre Shields Le Devoir Aucune solution consensuelle n'a été présentée, selon le bilan rendu public mardi.

La démarche de concertation dans le dossier Ray-Mont Logistiques, réunissant l’entreprise, des citoyens de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve et des représentants municipaux, n’a pas rempli son mandat de présenter des solutions consensuelles, selon le bilan rendu public mardi.

Autant la Ville de Montréal que l’entreprise s’en étaient remises à ce groupe de travail thématique (GTT) pour trouver des mesures de mitigation en ce qui concerne l’implantation d’une plateforme de transbordement de conteneurs à proximité du quartier Viauville. Ce projet soulève l’opposition de nombreux citoyens, qui craignent la disparition d’espaces verts et les nuisances liées à ses activités 24 heures sur 24, à la présence de 10 000 conteneurs sur le site et au millier de passages de camions par jour.

Or, après quatre ateliers tenus en août et en septembre, trois des six représentants citoyens ont retiré leur appui au bilan de la concertation. Dans ce contexte, « il n’est plus légitime de qualifier les énoncés proposés à la fin de ce bilan des travaux comme des “recommandations acceptables par toutes les parties”, même si tel était le mandat du groupe de travail thématique, indique le rapport. En l’absence de consensus, ces énoncés sont plutôt présentés comme des “pistes d’action” ».

Les propositions sont regroupées autour de quatre pôles : réaliser des études d’impact indépendantes, collaborer avec le CN dans le but de créer une zone tampon entre les activités ferroviaires et les habitations, poursuivre la concertation par le truchement d’un comité de suivi et mettre en place des mesures de mitigation qui seront proposées par Ray-Mont.

Ray-Mont Logistiques a accueilli positivement l’ensemble du rapport. L’entreprise s’est engagée par courriel à instaurer « des mesures de cohabitation, notamment la mise sur pied d’un mur-écran végétalisé ». « Nos équipes analysent présentement la meilleure manière d’intégrer les pistes d’action proposées au projet, ce travail sera effectué avant d’entamer des travaux reliés aux opérations », a déclaré l’entreprise dans un communiqué.

Rappelons que Ray-Mont s’était engagé à ne pas entreprendre de travaux majeurs sur son terrain avant la conclusion des discussions du GTT. L’entreprise a toutefois procédé à de l’asphaltage cet été, au déplaisir de résidents des alentours qui ont dénoncé des nuisances.

Une démarche précipitée

 

Anaïs Houde, la première participante à avoir quitté le GTT, est tout sauf rassurée par ce rapport et par les discussions qui ont mené à son élaboration. Celle qui est aussi membre du groupe citoyen Mobilisation 6600 Parc-Nature MHM considère que les rencontres ont eu lieu de façon précipitée, en période estivale, alors que de nombreux intervenants pertinents étaient en vacances. Elle dénonce également l’absence de données sur les nuisances actuelles et d’experts pouvant se prononcer sur la pertinence des diverses mesures de mitigation.

Selon Mme Houde, les pistes d’action retenues sont floues et incomplètes. Elle craint aussi que, sans contrainte pour Ray-Mont, l’entrepreneur aille de l’avant avec les mesures qu’il préfère plutôt qu’avec celles souhaitées par les citoyens. L’arrondissement de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, pour sa part, a dit « comprendre les réserves exprimées par plusieurs citoyens ». « Il devenait urgent de s’asseoir afin d’établir ensemble les conditions de la meilleure intégration possible d’un tel projet dans le secteur », a toutefois précisé la conseillère en planification Maude Brasseur.

Le maire d’arrondissement sortant et candidat à la mairie de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, Pierre Lessard-Blais, a quant à lui jugé important que les citoyens continuent de s’impliquer « pour la suite des choses ».

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