Air Canada souhaite la fin des tests de dépistage

Air Canada a affiché une perte de 640 millions au troisième trimestre.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Air Canada a affiché une perte de 640 millions au troisième trimestre.

L’obligation de passer un test de dépistage de la COVID-19 pour prendre l’avion nuit à la demande, croit Michael Rousseau, président et chef de la direction d’Air Canada. Le transporteur aérien souhaite que cette obligation disparaisse.

« Nous croyons qu’avec les politiques mises en place et le taux de vaccination élevé du public en général, le test de dépistage avant le départ n’est pas nécessaire, a dit le dirigeant lors d’une conférence téléphonique avec les analystes financiers visant à discuter des résultats du troisième trimestre. Nous allons plaider pour son élimination. »

Il a aussi précisé que 96 % des employés sont vaccinés et que ceux qui ont refusé de l’être, à l’exception de ceux qui refusent le vaccin pour des raisons médicales, sont en arrêt de travail sans solde.

Un défi logistique et financier

 

Les passagers qui arrivent au Canada par voie aérienne doivent subir un test de dépistage dans les 72 heures avant leur retour au pays. Le coût de ces tests représenterait un défi logistique et financier qui découragerait certains voyageurs, ont dit plusieurs acteurs de l’industrie dans les derniers jours.

Ce commentaire survient après que le transporteur aérien a dévoilé ses résultats du troisième trimestre, dans la foulée d’une reprise graduelle de l’industrie aérienne.

S’ils ont presque triplé par rapport à la même période l’an dernier, les revenus d’Air Canada, à 2,1 milliards, demeurent inférieurs de 62 % à ceux du troisième trimestre de 2019 (avant la pandémie).

L’entreprise est arrivée à un « tournant » en ce qui a trait aux flux de trésorerie, a déclaré Konark Gupta, de la Banque Scotia. L’entreprise est parvenue à générer 153 millions en capital tandis qu’elle prévoyait de brûler entre 280 millions et 460 millions en liquidités au cours du trimestre.

Air Canada a affiché une perte de 640 millions au troisième trimestre, ou de 1,79 $ par action, comparativement à une perte de 685 millions, ou 2,31 $ par action diluée, au trimestre correspondant de l’exercice financier 2020.

Pas de pénurie de travailleurs

 

M. Rousseau a également assuré que l’entreprise ne devait pas composer avec un manque de pilotes. Le spectre d’une pénurie plane sur l’industrie, plusieurs pilotes ayant choisi de prendre leur retraite ou de changer de carrière.

À la mi-octobre, le transporteur américain Southwest a été contraint d’annuler près de 2000 vols parce qu’il ne parvenait pas à trouver le personnel nécessaire.

Air Canada n’a pas ce genre de problème, a précisé Craig Landry, chef des opérations. « Nous n’avons pas eu de difficultés à respecter nos horaires de vols, comme en ont eu d’autres entreprises ailleurs. »

Le transporteur montréalais a rappelé plus de 10 000 employés, toutes catégories confondues, depuis le début de la pandémie. « Nous avons une réponse très favorable. Nous avons même embauché de nouvelles recrues. Il y a un grand intérêt à travailler chez Air Canada. »

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