La québécoise Effenco électrifie les camions français

La technologie développée par l’entreprise, qui s’appuie sur des «supercondensateurs», s’adapte à plusieurs types de véhicules lourds vocationnels, tels que des camions nacelles, de collecte, de livraison, des tracteurs ou encore des autobus scolaires et de ville. Effenco livrera 60 nouveaux systèmes hybrides pour équiper la flotte de camions de Derichebourg d’ici le début du printemps prochain.
Photo: Joël Saget Agence France-Presse La technologie développée par l’entreprise, qui s’appuie sur des «supercondensateurs», s’adapte à plusieurs types de véhicules lourds vocationnels, tels que des camions nacelles, de collecte, de livraison, des tracteurs ou encore des autobus scolaires et de ville. Effenco livrera 60 nouveaux systèmes hybrides pour équiper la flotte de camions de Derichebourg d’ici le début du printemps prochain.

L’entreprise Effenco, spécialisée dans l’électrification des véhicules lourds vocationnels, a reçu une nouvelle commande du géant français Derichebourg, qui intervient dans la collecte et le recyclage de déchets. La Montréalaise leur livrera 60 nouveaux systèmes hybrides pour équiper leur flotte de camions d’ici le début du printemps prochain.

« Il s’agit d’un contrat de plusieurs millions de dollars », souligne David Arsenault, président et cofondateur d’Effenco, qui ne peut toutefois pas révéler le montant exact de la transaction. Cette nouvelle commande est un gage de confiance de la part de Derichebourg, soutient-il, puisque l’entreprise française avait déjà conclu une entente l’an passé pour électrifier 157 de ses véhicules, dont 120 en France et 37 à Montréal.

L’entreprise montréalaise a mis au point deux systèmes, l’un hybride — déjà installé sur plus de 400 camions en circulation — et l’autre entièrement électrique. Et la technologie développée par l’entreprise, qui s’appuie sur des « supercondensateurs » plutôt que sur une batterie au lithium-ion classique, s’adapte à plusieurs types de véhicules lourds vocationnels, tels que des camions nacelles, de collecte, de livraison, des tracteurs ou encore des autobus scolaires et de ville.

« Ultimement, notre système hybride peut se convertir en 100 % électrique. Ce qu’on vend à nos clients, c’est une transition vers le zéro émission, mais on y va par étapes. Notre système hybride est la porte d’entrée vers une électrification complète », soutient David Arsenault.

Et il n’y a pas que l’Hexagone qui convoite la technologie de l’entreprise montréalaise. « On a gagné un appel d’offres à New York pour une commande de 1100 unités. C’est une commande sur plusieurs années. Le processus d’approvisionnement a été un peu chamboulé à cause de la pandémie, mais on est au début des livraisons », déclare M. Arsenault.

Encourager le virage électrique

Présente dans plus de dix pays, Effenco suscite l’intérêt à l’étranger alors que l’économie mondiale emprunte le virage vert. David Arsenault estime que, comme en Europe, le Québec devrait aussi se doter d’une meilleure réglementation pour favoriser les soumissionnaires avec un meilleur bilan en matière d’émissions de gaz à effets de serre dans les appels d’offres. « Notre partenaire Derichebourg gagne plus de contrats en incluant notre technologie dans leurs offres — donc c’est une belle symbiose qu’on a. Mais il n’y a pas cette dynamique au Canada. Le contrat est octroyé au plus bas soumissionnaire », explique M. Arsenault.

« C’est plus difficile de percer, quand il n’y a aucune exigence [environnementale] dans les devis, ajoute-t-il. Un opérateur privé au Québec n’a pas vraiment d’incitatif à choisir des technologies vertes, autre que par conviction. Mais le gouvernement est en marche. Je sais, par les différentes conversations qu’on a, que c’est dans les cartons », note l’entrepreneur, confiant.

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