Le mutisme d’Ottawa sur l’avenir des programmes d’aide pandémique pèse sur les entreprises

De nombreux programmes fédéraux d’aide aux victimes de la crise de la COVID-19 doivent arriver à échéance ce samedi 23 octobre, au grand désarroi de ses bénéficiaires.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne De nombreux programmes fédéraux d’aide aux victimes de la crise de la COVID-19 doivent arriver à échéance ce samedi 23 octobre, au grand désarroi de ses bénéficiaires.

Le silence d’Ottawa quant à l’avenir de ses programmes d’aide pandémique se fait de plus en plus assourdissant pour les PME, qui voient rapidement s’approcher la date d’expiration de ces mesures.

De nombreux programmes fédéraux d’aide aux victimes de la crise de la COVID-19 doivent arriver à échéance ce samedi 23 octobre, au grand désarroi de ses bénéficiaires. Il suffirait d’une parole de la ministre des Finances pour les prolonger d’un mois. Mais Chrystia Freeland n’a toujours rien annoncé.

« Rien n’empêche Mme Freeland d’attendre à la toute dernière minute pour sortir un lapin de son chapeau. Mais les entrepreneurs sont nerveux et inquiets. Il aurait été avisé que le gouvernement fasse part de ses intentions beaucoup plus tôt », a observé en entretien téléphonique au Devoir mercredi Jasmin Guénette, vice-président des affaires nationales à la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI).

Comme toute prolongation au-delà du mois prochain nécessitera ensuite l’adoption de nouvelles lois, on ne voit pas non plus d’un bon œil la décision du gouvernement de ne pas rappeler les élus à Ottawa avant le 22 novembre. « Disons qu’il faudra que ce soit leur première priorité — comme disait [l’ancien premier ministre] Jean Charest — aussitôt qu’ils seront revenus à la Chambre des communes. »

Les représentants des milieux d’affaires canadiens pressent le gouvernement depuis des semaines de prolonger notamment sa subvention salariale d’urgence du Canada (SSUC), sa subvention d’urgence du Canada pour le loyer (SUCL), ainsi que son programme d’embauche pour la relance économique du Canada (PEREC) au moins jusqu’au printemps prochain. Estimant que la crise est maintenant sortie de sa phasela plus aiguë, les libéraux de Justin Trudeau ont indiqué leur intention de maintenir une certaine forme d’aide, mais à l’intention des secteurs les plus touchés, notamment de « la culture et du tourisme ».

« Ces programmes sont déjà faits pour venir en aide aux entreprises qui ont d’importantes baisses de revenus en raison des restrictions [sanitaires], rétorque Jasmin Guénette. Il n’y a pas de raison d’en limiter l’accès à seulement deux ou trois secteurs. »

Trois autres programmes, destinés ceux-là aux individus, doivent aussi s’éteindre samedi, à moins d’une intervention de dernière minute du gouvernement. Il s’agit de la prestation canadienne de la relance économique (PCRE), de la prestation canadienne de la relance économique pour proches aidants (PCREPA) et de la prestation canadienne de maladie pour la relance économique (PCMRE).

Si les milieux d’affaires sont moins chauds à défendre ces derniers programmes (particulièrement la PCRE, qu’ils accusent de décourager les chômeurs de retourner au travail) , ce n’est pas le cas des syndicats. « Malheureusement, la pandémie n’est pas finie », a rappelé lundi Bea Bruske, présidente du Congrès du travail du Canada, au sortir d’une réunion avec Chrystia Freeland. « Vu le très grand nombre de personnes qui demeurent en chômage — depuis un an ou plus, dans bien des cas — et le très grand nombre d’autres qui ne sont toujours pas admissibles à des prestations d’assurance-emploi, il existe encore un besoin critique de soutiens d’urgence tels que la PCRE. »

Avec Boris Proulx

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