Le centre-ville de Montréal reprend peu à peu du mieux malgré la pandémie

Difficile encore d’imaginer un retour à l’ère prépandémique, à la lumière du taux d’occupation des tours à bureaux. Le taux de disponibilité de l’offre dans ces immeubles a grimpé à plus de 14% au troisième trimestre cette année.
Photo: Hubert Hayaud Le Devoir Difficile encore d’imaginer un retour à l’ère prépandémique, à la lumière du taux d’occupation des tours à bureaux. Le taux de disponibilité de l’offre dans ces immeubles a grimpé à plus de 14% au troisième trimestre cette année.

Le centre-ville de Montréal se remet doucement de la pandémie qui l’a durement affecté. Si le rebond en tourisme, le retour des étudiants en classe et celui progressif des travailleurs au bureau participent à la relance du centre-ville et de ses commerces, le rétablissement est cependant loin d’être terminé, selon le dernier bilan L’état du centre-ville.

Dans leur dernier rapport sur le niveau de santé économique de la métropole, l’Institut de développement urbain du Québec et Montréal centre-ville notent ainsi que, malgré le haut taux de vaccination et l’entrée en vigueur du passeport vaccinal, la quatrième vague de COVID-19 associée au variant Delta a limité la reprise attendue.

Quel avenir pour les tours ?

Difficile encore d’imaginer un retour à l’ère prépandémique dans les tours de bureaux. Le taux de disponibilité de l’offre dans ces immeubles a grimpé à plus de 14 % au troisième trimestre cette année, comparativement à 11,5 % à la même période en 2020, et à près de 10 % en 2019.

On s’attendait véritablement à un exode, mais ça ne s’est pas produit, au contraire. Plusieurs entreprises qui étaient à l’extérieur du centre-ville ont signé des baux pour s’y établir.

 

Le bilan réserve toutefois des surprises en ce qui a trait aux nouveaux baux commerciaux. « On s’attendait véritablement à un exode, mais ça ne s’est pas produit, au contraire. Plusieurs entreprises qui étaient à l’extérieur du centre-ville ont signé des baux pour s’y établir. On est agréablement surpris », souligne Glenn Castanheira, directeur général de Montréal centre-ville, qui croit que cela témoigne de la capacité d’attraction de la métropole, même en période trouble. « Mais on ne doit pas mettre de lunettes roses, la situation est fragile », insiste M. Castanheira.

L’incertitude du milieu économique se reflète notamment dans la réduction de la superficie et de la durée des baux signés par les entreprises. Alors que les entreprises signent généralement des baux à long terme pour assurer une prévisibilité de leurs frais fixes, la grande majorité des renouvellements (84 %) ont porté sur des termes de deux à cinq ans, selon le rapport.

Quelques éclaircies

Certains éléments demeurent toutefois prometteurs pour la reprise économique du centre-ville, comme le retour progressif des travailleurs.

 

« Même si la Santé publique a reporté le retour au bureau et que la consigne est toujours d’éviter de travailler au bureau, on est surpris de voir qu’il y a plus de la moitié des travailleurs qui sont de retour [que ce soit à temps plein ou en mode hybride]. C’est encourageant », illustre Glenn Castanheira.

Du côté du tourisme aussi, l’activité reprend. Au mois d’août dernier, le taux d’occupation des hôtels de la métropole a grimpé à 45 %, comparativement à 16 % à pareille date l’an passé — même si l’on reste encore loin du taux de 88 % observé en août 2019.

Il y a de quoi être optimiste, croit M. Castanheira. « On s’attend à ce que le centre-ville se relève à partir de 2022 si la tendance se maintient d’un point de vue sanitaire, et on espère atteindre notre nouvelle normale en 2023 », conclut-il.

14 %
C’est le taux de disponibilité de l’offre dans les immeubles de bureaux du centre-ville au troisième trimestre de cette année. Comparativement, il était de 11,5 % à la même période en 2020, et de près de 10 % en 2019.

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