La ​«start-up» montréalaise CHK PLZ acquise par la française Sunday

Cédric Charron, propriétaire du restaurant Umami Ramen
Photo: Julien Cadena Cédric Charron, propriétaire du restaurant Umami Ramen

Depuis quelques mois, les consommateurs ont dû s’habituer à balayer un code QR à la table des restaurants pour voir les menus. Sont-ils prêts à régler aussi l’addition virtuellement, sans attendre le serveur ? L’entreprise française Sunday, qui vient d’acheter la jeune pousse montréalaise CHK PLZ, a pour objectif de doter un millier de restaurants canadiens d’une telle technologie d’ici la fin de 2022.

Au Québec, une cinquantaine de restaurants utilisent déjà cette fonctionnalité offerte par CHK PLZ. Un de ceux-là est Umami Ramen, rue Clark, dans le quartier Mile-Ex. Les clients ont le choix de payer de façon classique ou de balayer avec leur téléphone le code QR se trouvant sur la table, quand bon leur semble, pour visualiser et traiter leur facture. Ils peuvent notamment entrer leurs informations de carte de crédit ou utiliser Apple ou Google Pay.

Quelle proportion de clients choisit l’option technologique ? « On se rapproche de la moitié », observe le chef propriétaire de ce restaurant végane, Cédric Charron.

M. Charron en est convaincu : ce mode de paiement fait partie de l’avenir du milieu de la restauration. Il permet de libérer le personnel, surchargé en raison de la pénurie de main-d’œuvre, d’une tâche peu intéressante. « Ils peuvent se consacrer davantage à l’expérience client », note-t-il. « Même si quelques personnes aiment mieux payer avec la carte, ultimement, ça va encore plus vite de cette façon, ajoute M. Charron. Dès que tu as fini de manger, tu peux payer et dire au revoir au serveur. »

Le cofondateur de CHK PLZ, Roberto Casoli, nouvellement directeur général pour le Canada chez Sunday, veut convaincre des centaines de restaurants dans tout le pays d’adhérer à cette technologie. « Pour un restaurant à côté du Centre Bell, où la majorité des clients vont voir le match de hockey, tous les gens veulent payer en même temps, mais il n’y a que quelques terminaux de paiement. Avec la solution de Sunday, chaque client a son terminal de paiement dans sa poche », dit M. Casoli.

Il affirme que les clients sont plus à l’aise de commander un café ou un dessert s’ils savent qu’ils pourront payer rapidement. Selon l’expérience des restaurateurs jusqu’à maintenant, les clients qui utilisent ce mode de paiement donnent 18 % plus de pourboire que les autres.

Projet d’expansion

Fondée en 2018 par des étudiants en génie de l’Université McGill, CHK PLZ offre aussi à 300 restaurants des services de commande en ligne, de livraison et de menus électroniques. Pour des restaurateurs comme M. Charron, il s’agit d’un forfait « 4 en 1 ».

M. Casoli et son équipe visent maintenant une expansion pancanadienne, qui sera accélérée par les fonds provenant de Sunday, une entreprise ayant développé une technologie similaire. En moins d’un an d’existence, elle semble avoir connu une croissance fulgurante. Elle travaille avec 1500 restaurants en France, au Royaume-Uni, aux États-Unis, en Espagne et maintenant au Canada.

Le noyau de six employés de CHK PLZ, qui reste en poste, sera bonifié. « On veut embaucher une dizaine d’employés d’ici la fin de l’année et beaucoup plus l’année suivante », affirme M. Casoli.

Le milieu de la restauration, qui cherche à diminuer sa dépendance à la main-d’œuvre, est bouillant d’innovations technologiques, selon le directeur des affaires publiques et gouvernementales à l’Association Restauration Québec, Martin Vézina. Il rappelle que la Torontoise Moneris a acquis début octobre l’entreprise québécoise UEAT, qui propose des technologies de commande en ligne à domicile et des bornes de paiement en restaurant.

« Les plateformes technologiques peuvent être utiles », juge M. Vézina. Il énumère d’autres types d’innovations, comme des fours intelligents et des barmans automatisés.

Reste à voir si les restaurateurs, nombreux à être affaiblis par la pandémie, auront le capital nécessaire pour investir dans ces technologies. Et si les consommateurs accepteront d’éliminer certaines interactions humaines.

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