Le ministre Julien ne freinera pas la hausse des tarifs d’Hydro-Québec

Le gouvernement Legault a fait adopter en 2019 le projet de loi 34, qui aligne les tarifs d’Hydro-Québec à l’inflation et soustrait la société d’État à un examen annuel de la part de la Régie de l’énergie.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Le gouvernement Legault a fait adopter en 2019 le projet de loi 34, qui aligne les tarifs d’Hydro-Québec à l’inflation et soustrait la société d’État à un examen annuel de la part de la Régie de l’énergie.

Le ministre de l’Énergie, Jonatan Julien, n’a pas l’intention d’intervenir pour limiter la hausse prochaine des tarifs d’électricité.

Le gouvernement Legault a fait adopter en 2019 le projet de loi 34, qui aligne ces tarifs à l’inflation et soustrait Hydro-Québec à un examen annuel de la part de la Régie de l’énergie. Mardi, M. Julien a confirmé que les tarifs d’électricité allaient augmenter d’au moins 2,6 % en 2022 ; il s’agit d’une hausse plus importante que la dernière, qui était de 1,3 %.

« Ce qu’on donne aux Québécois, c’est une prévisibilité […] selon l’inflation, s’est-il défendu en point de presse. Il n’y a rien de plus prévisible que ça, et on ne va pas s’immiscer politiquement pour modifier ça. »

Plus tôt, les partis d’opposition s’étaient ligués pour dénoncer cette augmentation « faramineuse » de la facture d’électricité des Québécois.

Contrairement à ce que prétend M. Julien, l’inflation, par définition, « ça se prédit très mal », a souligné le chef parlementaire de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois. « Quand la CAQ nous a enfoncé le projet de loi 34 sous bâillon dans la gorge […], ma collègue Ruba [Ghazal] avait été très claire : “C’est un cadeau empoisonné que ce projet de loi là.” »

Comme à l’habitude, ce sont les familles les plus vulnérables qui en paieront le prix, a dénoncé quant à lui le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon. « Les Québécois s’appauvrissent sous le régime de François Legault, a-t-il pesté. Le logement est complètement inabordable, le panier d’épicerie augmente de manière fulgurante […], et là, on ajoute Hydro-Québec. »

La Coalition avenir Québec (CAQ) avait qualifié en 2017 les hausses de tarifs d’hydroélectricité de « taxe déguisée » et affirmait qu’avec sa réforme, les Québécois bénéficieraient de hausses tarifaires bien plus faibles.

« Il arrive exactement l’inverse, puis le PQ l’a dit haut et fort en 2019 », s’est insurgé M. St-Pierre Plamondon, qui estime que le consommateur moyen « se fait flouer en ce moment ». La conséquence de la réforme Legault, « c’est que, maintenant, Hydro-Québec peut augmenter la facture pour tous les Québécois sans même avoir à passer devant la régie », a résumé de son côté la cheffe libérale Dominique Anglade.

Le ministre Julien a toutefois rappelé mardi le rôle de la Régie de l’énergie, qui procédera en 2025 à un examen des cinq dernières années et pourra diminuer les tarifs si elle estime que les Québécois paient leur électricité trop cher.

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