Acquisition stratégique aux États-Unis pour la montréalaise Hopper

Il s’agit pour Hopper d’une première incursion dans ce secteur connexe à ses propres services de réservation puis d’achat de vols et d’hébergement à bas prix.
Photo: Getty Images Il s’agit pour Hopper d’une première incursion dans ce secteur connexe à ses propres services de réservation puis d’achat de vols et d’hébergement à bas prix.

Hopper a annoncé mardi l’acquisition, pour une somme non divulguée, de la plateforme d’activités touristiques américaine PlacePass.

L’entreprise montréalaise hérite du même coup du volet d’activités et d’expériences offert par le géant hôtelier Marriott aux voyageurs membres de son programme de fidélité Bonvoy.

La plateforme PlacePass propose ce que l’industrie touristique appelle quelque 300 000 « expériences », des activités récréotouristiques offertes aux voyageurs dans plus de 800 endroits dans le monde.

Il s’agit pour Hopper d’une première incursion dans ce secteur connexe à ses propres services de réservation puis d’achat de vols et d’hébergement à bas prix. Le tout sera intégré à l’application de Hopper, téléchargée à plus de 70 millions de reprises à ce jour.

Les employés de PlacePass

La quarantaine d’employés de PlacePass seront du même coup intégrés à Hopper. Dans un contexte où les travailleurs spécialisés se font rares, une transaction qui permet d’acquérir à la fois une technologie déjà rentable ainsi que ses créateurs est un coup double particulièrement intéressant, dit Frédéric Lalonde, le fondateur et p.-d.g. de Hopper.

300 000
C’est le nombre d’activités récréotouristiques offertes aux voyageurs sur la plateforme PlacePass dans plus de 800 endroits dans le monde.

Son entreprise compte aujourd’hui 1500 employés répartis sur tous les continents « sauf l’Antarctique », s’amuse à répéter l’homme d’affaires montréalais. « Cela fait partie de notre philosophie pour accroître notre expertise. C’est comme ça que nous avons lancé plusieurs de nos produits dans le passé.

L’acquisition de PlacePass et de ses services offerts au groupe Marriott nous permet de poursuivre notre plan de développement. C’est aussi une occasion pour nous d’étendre nos services financiers à d’autres catégories de produits du secteur du voyage au-delà des billets d’avion », dit-il en entrevue au Devoir.

Une des clés du succès de Hopper est d’offrir une assurance en cas d’annulation d’un vol et de permettre de « geler » le prix d’un billet tant qu’il est réservé, en échange d’une petite somme d’argent — plus la date du départ approche, plus les billets coûtent généralement cher.

De tels services pourront également s’appliquer dans un avenir proche aux expériences vendues sur PlacePass.

Embellie dans l’international

Le site américain Expedia et son rival néerlandais Booking.com dominent la vente en ligne tierce partie de billets d’avion, un marché évalué annuellement à plus de 100 milliards de dollars américains. Hopper représente à l’heure actuelle moins de 5 % du secteur. Sa diversification dans la réservation de chambres d’hôtels et d’autres types d’hébergements, en plus de l’ajout d’autres offres touristiques supplémentaires, lui permet de croître à un rythme supérieur à celui de son secteur d’activité.

La revente en marque blanche de ses services, y compris ses services financiers, sous l’enseigne Hopper Cloud ajoute une dimension interentreprise (B2B) à son offre qui bonifie encore un peu plus son chiffre d’affaires. D’autres sites — y compris ses rivaux — peuvent ainsi offrir à leurs propres clients les services de Hopper maquillés pour épouser les couleurs de leur propre marque.

 
70 millions
C’est le nombre de téléchargements de l’application de Hopper à ce jour.

Cette position à la fois dans le marché consommateur et le marché interentreprises devrait sourire à Hopper à mesure que les vols internationaux recommenceront à décoller à l’échelle de la planète. Les voyages de loisir ont repris il y a plusieurs semaines déjà aux États-Unis, et d’autres pays, dont le Canada, sont en train de lui emboîter le pas.

Hopper, qui a levé plus tôt cet été 170 millions de dollars américains et qui assure ne pas perdre d’argent avec ses produits, garde les coudées franches pour procéder à de nouvelles acquisitions.

« Nous allons continuer de regarder pour des équipes et des entreprises qui ont une culture de développement forte », dit Frédéric Lalonde.

Au moment de boucler cette récente étape de financement, Hopper avait atteint une valeur de 3,5 milliards de dollars américains. Son fondateur songeait à ce moment à enclencher des démarches qui lui auraient à terme permis d’inscrire son entreprise en Bourse.

La croissance de ses ventes et l’embellie anticipée dans le marché des vols internationaux rendent ce projet moins urgent. « Nous avons doublé nos revenus depuis le moment où on nous a attribué cette valeur. Disons que nous prévoyons toujours aller en Bourse, mais il est présentement trop tôt pour fixer une date », résume Frédéric Lalonde.

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