Riviera achetée par une coop française

Les petits pots en verre de yogourt, les fromages et tous les autres produits Maison Riviera seront désormais fabriqués par une entreprise française au Québec.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir Les petits pots en verre de yogourt, les fromages et tous les autres produits Maison Riviera seront désormais fabriqués par une entreprise française au Québec.

Le yogourt en petits pots de verre, les fromages et tous les autres produits Maison Riviera seront désormais fabriqués par une entreprise française au Québec. La Laiterie Chalifoux, qui se trouve derrière cette marque, vend la quasi-totalité de ses actifs à la Coopérative Alsace Lait.

L’histoire de la Laiterie se poursuivra désormais sans la famille Chalifoux, qui l’avait fondée en 1920. Depuis les années 1960, elle produisait essentiellement du fromage, dont le cheddar Riviera. Mais pourquoi ce nom ? « Il y avait à Sorel-Tracy le journal Riviera, explique Alain Chalifoux, président de la Laiterie. Riviera, ça se dit aussi bien en anglais qu’en français. Et mon grand-père a toujours aimé les Buick Riviera. »

Au début des années 2010, la direction s’est rendu compte qu’elle allait droit dans le mur. « On savait qu’avec l’ouverture des marchés internationaux, on ne pouvait pas continuer en misant [que] sur les fromages. Il fallait trouver des produits de niche, des choses qui ne s’importent pas bien », raconte ce représentant de la quatrième génération d’entrepreneurs Chalifoux.

De là est née l’idée de se tourner vers le yogourt. L’équipe est allée chercher le savoir-faire de la Coopérative Alsace Lait, qui possédait déjà une usine de yogourt commercialisé dans des petits pots de verre. L’entreprise française a alors acquis 40 % de la Laiterie. Cette nouvelle orientation, dès 2015, a été couronnée de succès.

« On a triplé l’entreprise », affirme M. Chalifoux. Depuis 2019, Maison Riviera produit également des crèmes végétales, maintenant à base de noix de coco et d’avoine. Il y a à ce jour 195 produits Maison Riviera différents sur les tablettes, dont du beurre, du kéfir, de la crème sure et du fromage sans lactose.

Une relève à assurer

Mais M. Chalifoux souhaitait solidifier l’avenir de l’entreprise, qui ne semblait pas pouvoir passer par sa famille. « J’approche plus de la soixantaine que de la cinquantaine. Ça prend un plan de relève. Mon fils est dans un autre type d’entreprise. Ça prend des sous aussi pour la relève, parce que l’entreprise n’a plus la même valeur qu’en 2009 », souligne celui qui a accepté la présidence de l’Institut de technologie agroalimentaire du Québec pour les années à venir.

Il était donc tout naturel, pour l’entrepreneur, de faire évoluer sa collaboration avec la Coopérative Alsace Lait. Elle n’est pas une multinationale, précise-t-il — elle regroupe plus de 200 producteurs de lait de l’est de la France —, et elle a les mêmes valeurs que son entreprise familiale. Les deux entités n’ont pas voulu rendre publics le montant de l’acquisition et leurs chiffres d’affaires.

Le seul actif de la Laiterie qui reste dans la famille, c’est maintenant le Chalifoux Casse-croûte bar laitier, adjacent à l’usine de transformation. « C’est mon frère qui s’occupe de ça », précise Alain Chalifoux, ajoutant que sa cousine Mélanie travaille encore pour l’entreprise.

La continuité et l’innovation

De son côté, le directeur général de la Coopérative, Frédéric Madon, a l’intention de maintenir la production à Sorel-Tracy, en Montérégie, de garder les 170 employés et de proposer les mêmes produits aux mêmes prix en magasin. Il s’est installé au Québec pour se consacrer à « cette pépite », qui représente maintenant 40 % des activités d’Alsace Lait.

« On a un ADN québécois qu’on va continuer à développer. […] On a un conseil d’administration propre à la Laiterie au Canada. Les décisions sont prises ici, elles ne sont pas prises en France », a-t-il précisé.

M. Madon compte aussi poursuivre l’innovation en lançant rapidement de nouveaux produits, dont il garde la nature secrète pour l’instant.

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