Il est normal que les programmes d’aide financière soient réduits, dit Tiff Macklem

Tiff Macklem s’est félicité de la réaction rapide et vigoureuse des pouvoirs publics de la planète face aux ravages économiques provoqués par la COVID-19.
Photo: Justin Tang La Presse canadienne Tiff Macklem s’est félicité de la réaction rapide et vigoureuse des pouvoirs publics de la planète face aux ravages économiques provoqués par la COVID-19.

Il en va des programmes d’aide des gouvernements comme des mesures d’assouplissement monétaire des banques centrales en cette période de crise, dit le gouverneur de la Banque du Canada. À mesure que l’économie revient à la normale, les uns et les autres doivent être réduits.

Il n’est pas surprenant que le gouvernement ait décidé de mettre bientôt un terme à de nombreux programmes d’aide financière destinés aux travailleurs et aux entreprises affectés par la pandémie de COVID-19, a déclaré jeudi soir Tiff Macklem lors d’une table ronde virtuelle avec des journalistes. La Banque du Canada fait en quelque sorte la même chose depuis qu’elle a commencé à réduire l’une de ses propres mesures de stimulation monétaire, en diminuant ses achats massifs d’obligations fédérales sur les marchés secondaires dans le cadre de ses mesures d’assouplissement quantitatif.

« La reprise a beaucoup progressé et les mesures budgétaires d’urgence, comme les mesures monétaires, se sont ajustées pour refléter le progrès que nous avons déjà réalisé », a répondu le gouverneur de la banque centrale canadienne à une question sur l’incidence économique de la fin prochaine de programmes comme la Prestation canadienne de la relance économique (PCRE). « C’est aux gouvernements de déterminer leurs politiques, mais, en gros, leurs ajustements cadrent avec ce qu’on voit dans l’économie. »

Ils ne sont pas les seuls. La Banque du Canada a aussi réduit ses propres mesures d’assouplissement quantitatif, passant d’un rythme d’achat d’actif d’au moins 5 milliards par semaine, durant les jours les plus sombres de la crise, à 2 milliards aujourd’hui, a rappelé Tiff Macklem. Selon plusieurs experts, son institution pourrait récidiver à la fin du mois en coupant encore de moitié ce montant, ce qui équivaudrait, essentiellement, à se contenter d’acheter de nouvelles obligations à mesure que celles qu’elle détient déjà arrivent à échéance.

Venue remplacer la Prestation canadienne d’urgence (PCU), la PCRE n’est pas le seul programme fédéral d’aide qui doit arriver à son terme le 23 octobre. On parle aussi de mesures destinées aux entreprises, comme la Subvention salariale d’urgence du Canada (SSUC) et la Subvention d’urgence du Canada pour le loyer (SUCL).

Patience

 

À Washington cette semaine pour rencontrer ses homologues des autres pays, Tiff Macklem s’est félicité de la réaction rapide et vigoureuse des pouvoirs publics de la planète face aux ravages économiques provoqués par la COVID-19. « Aussi terrible que cette crise puisse avoir été, elle aurait pu être bien pire. […] La récession n’a pas été aussi profonde qu’on pouvait le craindre, et la reprise, bien qu’en dents de scie, est bien meilleure qu’on s’y attendait au début. »

Il a redit que la récente remontée de l’inflation devrait être un phénomène transitoire attribuable notamment aux perturbations des chaînes d’approvisionnement et de cette étrange reprise où l’épargne des ménages et des entreprises a rarement été aussi élevée, mais où les occasions de la dépenser sont souvent contrariées par les problèmes sanitaires. Il a toutefois de nouveau admis que cette inflation transitoire pourrait mettre « plus de temps que prévu » à se résorber et a assuré qu’il n’hésiterait pas à agir si elle donnait le moindre signe de vouloir s’incruster.

Quant à la difficulté de plusieurs entreprises à trouver la main-d’œuvre nécessaire même si le chômage reste plus élevé qu’avant la pandémie, elle reflète, selon lui, une réalité toute simple. « Il faut du temps aux travailleurs pour trouver le bon emploi, et il faut du temps aux entreprises pour trouver les bons travailleurs. »

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