Les stations de ski en plein recrutement

Alors même qu’elles accueillent des marcheurs venus admirer les couleurs d’automne, les stations de ski ont amorcé leurs préparatifs pour la saison froide.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir Alors même qu’elles accueillent des marcheurs venus admirer les couleurs d’automne, les stations de ski ont amorcé leurs préparatifs pour la saison froide.

L’industrie touristique se prépare pour la saison hivernale. Si la neige n’a pas encore recouvert les montagnes, les stations de ski, elles, sont déjà en période de recrutement. Bien que la pénurie de main-d’œuvre cause présentement du tracas au secteur, d’autres éléments — comme la réouverture des frontières et le contexte sanitaire un peu plus favorable qu’il ne l’était il y a un an — offrent une certaine lueur d’espoir.

Depuis quelques semaines, alors même qu’elles accueillent des marcheurs venus admirer les couleurs d’automne, les stations de ski ont amorcé leurs préparatifs pour la saison froide : de l’entretien des pistes à celui des remontées mécaniques ou du système d’enneigement, illustre Annique Aird, vice-présidente marketing, ventes et communication à Station Mont-Tremblant.

« On est aussi en période de recrutement. Et on ne va pas se cacher que, comparativement à d’autres années, c’est plus difficile à cause de la pénurie de main-d’œuvre », explique-t-elle, ajoutant que la station a déjà dû affronter ce problème l’hiver dernier, et même cet été.

« Les postes les plus recherchés sont ceux dans l’hôtellerie et la restauration », souligne Mme Aird. En tout, 266 emplois sont à pourvoir dans les 35 entreprises qui composent le centre de villégiature du Mont-Tremblant, selon la plateforme de recrutement Tribu Tremblant, lancée ce mois-ci.

Difficile toutefois de mesurer à cette heure-ci l’ampleur de la pénurie de main-d’œuvre à laquelle fera face le secteur cette saison, souligne quant à lui Michel Couture, directeur général de Ski Saint-Bruno. « On a beaucoup d’emplois offerts, mais on vient juste de commencer la période de recrutement, alors on le saura bientôt selon les postes qui n’ont pas été pourvus », explique-t-il. La station située en Montérégie doit engager environ 300 personnes pour cette saison dans 17 divisions, des services alimentaires à l’atelier de réparation en passant par le stationnement, indique son directeur.

Une saison différente

Si la saison touristique hivernale s’annonce encore une fois différente de celles prépandémiques, les stations de ski ne sont plus « complètement plongées dans l’inconnu » comme l’an passé, note Annique Aird. « On a déjà prouvé qu’on pouvait fonctionner dans le respect des règles sanitaires, alors on est un peu moins inquiets. Par contre, on attend les conclusions de la Santé publique par rapport aux règles pour cette année », ajoute-t-elle.

Il y aura peut-être aussi plus de touristes, grâce à la réouverture des frontières, notamment celle avec les États-Unis. « Avant, on recevait beaucoup d’Américains, d’Européens ou d’Asiatiques. On voit de nouveau un peu d’Américains, mais il reste que c’est quand même plus compliqué pour eux de venir au Canada que ça ne l’était avant », constate Mme Aird. « Mais on a beaucoup de réservations de gens qui viennent du reste du Canada, notamment de l’Ontario », ajoute-t-elle, optimiste.

Au Massif de Charlevoix aussi, on espère attirer un peu plus de monde cette saison, notamment avec l’ouverture du premier village Club Med au Canada, le 3 décembre prochain. « On voit qu’il y a un certain intérêt auprès de la clientèle étrangère, mais quand les mesures vont s’assouplir, ça va être plus favorable. Déjà, on voit beaucoup de réservations en provenance du reste du Canada, mais on en a aussi quand même d’Américains, de Brésiliens… » explique Nicolas Racine, vice-président et directeur exécutif de Groupe Le Massif.

Des besoins dans toute l’industrie

Au-delà des stations de ski, c’est l’ensemble de l’industrie touristique québécoise qui cherche à recruter. En tout, selon l’Alliance de l’industrie touristique du Québec, près de 27 000 emplois sont à pourvoir — principalement dans les régions de la Montérégie, de Montréal, des Laurentides ainsi que de la Capitale-Nationale.

 

Sur près de 400 types d’emplois disponibles, les besoins varient : on cherche de préposés pour l’entretien ménager (19 % des besoins), des aides-cuisiniers (17,6 %), des préposés au service à la clientèle, aux prêts et à la location d’équipement (15,8 %), des responsables des opérations et du service à la clientèle (15,1 %), ou encore des opérateurs de remontée mécanique (3,3 %), entre autres.
 



Une version précédente de ce texte, qui indiquait que l’ouverture du premier village Club Med au Canada aura lieu le 1er décembre prochain, a été modifiée. L'ouverture aura lieu le 3 décembre.

 

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