Le Canada fait toujours bonne figure avec son endettement

Les gouvernements canadiens devraient ainsi avoir fini d’effacer l’impact de la crise sur leur dette nette d’ici cinq ans, ont observé dans une analyse les économistes de la Banque Nationale, Warren Lovely et Taylor Schleich.
Photo: Jim Watson Agence France-Presse Les gouvernements canadiens devraient ainsi avoir fini d’effacer l’impact de la crise sur leur dette nette d’ici cinq ans, ont observé dans une analyse les économistes de la Banque Nationale, Warren Lovely et Taylor Schleich.

Les gouvernements ont eu raison de s’endetter pour faire face à la pandémie de COVID-19, estime le Fonds monétaire international (FMI). Quant aux finances publiques canadiennes, elles continuent de bien paraître, à ce chapitre, en comparaison des autres pays.

L’un des rares pays avancés, avec l’Allemagne, à afficher un surplus budgétaire global pour l’ensemble de ses principaux ordres gouvernementaux (fédéral et provincial) avant que la crise sanitaire ne frappe la planète, le Canada a alors vu ses déficits rejoindre d’un coup la moyenne des pays développés à presque 11 % de son produit intérieur brut (PIB), a rapporté mercredi le FMI dans la nouvelle édition de son Moniteur des finances publiques.

Il devrait toutefois reprendre sa place aux côtés de l’Allemagne, tout au bas de ce classement, dès cette année, avec un déficit total qui sera alors équivalent à 7,5 % de son PIB, avant de diminuer encore à 2,2 % l’an prochain et à seulement 0,5 % en 2023, sur le chemin d’un premier surplus au plus tard en 2025, alors que les États-Unis (-5,3 %), la zone euro (-1,7 %), le Japon (-2,1 %) ou le Royaume-Uni (-3,1 %) seront encore bien enfoncés dans le rouge.

Si la dette totale des gouvernements a bondi en un an au Canada de l’équivalent de 87 % du PIB à plus de 117 %, elle devrait être revenue sous les 94 % en 2025, bien en deçà de la moyenne des économies avancées (119 %), y compris les États-Unis (133 %). Lorsqu’on tient compte des actifs dont ils disposent, notamment du fait que leurs régimes publics de pension sont pleinement capitalisés, leur endettement net était encore et toujours sans pareil même à la fin de 2020, à 34,7 % du PIB, loin devant la moyenne des pays développés (88 %), les États-Unis (99 %) ou même l’Allemagne (50 %). Cet avantage ne devrait que continuer à se creuser au cours des prochaines années, prévoit le FMI.

7,5 %
C’est, cette année, la part du PIB qui constitue le déficit total du Canada, avant de diminuer à 2,2 % l’an prochain et à seulement 0,5 % en 2023.

Les gouvernements canadiens devraient ainsi avoir fini d’effacer l’impact de la crise sur leur dette nette d’ici cinq ans, ont observé dans une analyse les économistes de la Banque Nationale, Warren Lovely et Taylor Schleich. « Pour le Canada, il y a encore de quoi être relativement fier. » Et l’on comprend, notent-ils, que la ministre canadienne des Finances, Chrystia Freeland, ne devrait pas avoir trop de mal à atteindre l’objectif du gouvernement libéral de maintenir l’avantage du Canada au sein des pays du G7 en matière de dette nette.

L’avantage de pouvoir s’endetter

La capacité des gouvernements durant la crise de déployer des programmes d’aide financière et de relance économique — même si cela devait être à crédit — a été un facteur déterminant pour amortir le choc et préparer la reprise, soulignait, la semaine dernière, le FMI dans l’un des chapitres de son Moniteur des finances publiques dévoilé à l’avance. « Les mesures de soutien budgétaire prises par les pouvoirs publics pendant la pandémie de COVID-19 ont sauvé des vies et des emplois. »

Ils ne s’en sont d’ailleurs pas privés, avec presque 17 000 milliards de dollars américains de mesures fiscales de lutte contre la pandémie qui ont contribué à porter, aujourd’hui, la dette publique mondiale à 88 000 milliards, soit presque 100 % du PIB, et la dette mondiale publique et privée au niveau record de 226 000 milliards en 2020.

Tous les pays n’ont cependant pas le privilège d’avoir des gouvernements capables de déployer de tels moyens financiers, même à crédit, note le FMI. En fait, plus de 90 % de la nouvelle dette publique accumulée en 2020 a été le fait des pays développés et de la Chine.

Les tendances montrent maintenant que ces pays qui ont pu s’endetter à faible coût se remettront beaucoup plus rapidement de la crise que tous les autres qui n’avaient pas les mêmes recours financiers, poursuit le FMI, qui dit craindre que cette « grande fracture financière » ne se traduise par des dommages permanents au potentiel de croissance des pays les plus pauvres.

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