L’inflation atteint 5,4% aux ​États-Unis

L’augmentation annuelle de l’indice des prix à la consommation de septembre est identique aux lectures de juin et de juillet, les plus élevées en 13 ans, a indiqué mercredi le département du Travail.
Photo: Stephanie Keith/Getty Images/AFP L’augmentation annuelle de l’indice des prix à la consommation de septembre est identique aux lectures de juin et de juillet, les plus élevées en 13 ans, a indiqué mercredi le département du Travail.

Une nouvelle flambée des prix à la consommation aux États-Unis, en septembre, a fait passer l’inflation annuelle à 5,4 %, égalant le taux le plus élevé dans ce pays depuis 2008, au moment où les problèmes mondiaux d’approvisionnement continuent de faire des ravages.

Les prix à la consommation ont augmenté de 0,4 % en septembre, par rapport au mois d’août, les perturbations de la chaîne d’approvisionnement ayant rendu de nombreux produits rares. Les prix des voitures neuves, de la nourriture, de l’essence et des repas au restaurant ont tous bondi.

L’augmentation annuelle de l’indice des prix à la consommation de septembre est identique aux lectures de juin et de juillet, les plus élevées en 13 ans, a indiqué mercredi le département du Travail. En excluant les catégories volatiles de l’alimentation et de l’énergie, l’inflation sous-jacente s’est établie à 0,2 % en septembre et à 4,0 % sur une base annuelle. Cette inflation de base a atteint un sommet de trois décennies de 4,5 % en juin.

L’explosion inattendue de l’inflation cette année reflète les prix nettement plus élevés de l’alimentation et de l’énergie, mais aussi des voitures neuves et d’occasion, des chambres d’hôtel, des vêtements et des meubles, entre autres biens et services. La pandémie de COVID-19 a entraîné la fermeture d’usines en Asie et a ralenti les opérations portuaires américaines, laissant les porte-conteneurs ancrés en mer et faisant en sorte que les consommateurs et les entreprises paient davantage pour des marchandises qui n’arrivent pas avant des mois.

L’offre et la demande

« Les augmentations de prix résultant des goulots d’étranglement persistants de la chaîne d’approvisionnement dans un contexte de forte demande maintiendront l’inflation à un niveau élevé, car les déséquilibres entre l’offre et la demande ne se résolvent que progressivement », a observé Kathy Bostjancic, économiste à Oxford Economics, une société de conseil. « Bien que nous partagions le point de vue de la [Réserve fédérale des États-Unis] voulant que ce ne soit pas le début d’une spirale à la hausse des salaires et des prix, nous nous attendons à ce que l’inflation reste au-dessus de 3 % de façon soutenue jusqu’à la mi-2022. »

Les salaires

Les prix plus élevés dépassent également les gains salariaux que de nombreux travailleurs peuvent obtenir des entreprises, qui doivent payer plus pour attirer des employés. Le salaire horaire moyen a augmenté de 4,6 % en septembre par rapport à l’année précédente, une augmentation saine, mais pas suffisante pour suivre l’inflation.

Les augmentations rapides des prix ont accru la pression sur la Réserve fédérale, qui a fixé son taux d’intérêt de référence près de zéro pour stimuler les emprunts et les dépenses. Pourtant, l’inflation est bien au-dessus de son objectif de 2 %. Le président de la banque centrale, Jerome Powell, a affirmé à plusieurs reprises que les gains de prix devraient « s’atténuer » l’année prochaine, rapprochant l’inflation de son objectif.

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