Y aura-t-il des vrais «partys» de bureau à Noël?

Catherine Couturier
Collaboration spéciale
   En raison des règles sanitaires, les événements festifs dans un lieu intérieur sont toujours restreints à 25 personnes.
Getty Images En raison des règles sanitaires, les événements festifs dans un lieu intérieur sont toujours restreints à 25 personnes.

Ce texte fait partie du cahier spécial Tourisme d'affaires

Si l’on voit une certaine lumière au bout du tunnel depuis les dernières annonces du gouvernement sur les rassemblements, on est encore loin d’imaginer pouvoir tenir un traditionnel « party de bureau » pour souligner les Fêtes.

Avec l’assouplissement dans le milieu culturel et pour les événements d’affaires, le milieu du tourisme et les salles ont poussé un soupir de soulagement. Mais cet allégement ne concerne en réalité que les manifestations de type congrès, conférences, etc. « C’est difficile pour les vendeurs, parce qu’il y a beaucoup d’incompréhension », raconte Valérie Pichon, vice-présidente de PPS Canada, qui fait entre autres du placement d’artistes pour des événements comme les partys de Noël.

Il est ainsi possible de tenir certains types d’événements rassemblant 250 personnes, avec port du masque, passeport vaccinal, distanciation et un nombre maximum de convives qui restent assis à table, et sans alcool. Pour l’instant, les événements festifs sont toujours restreints à 25 personnes. Les formules pour souligner les Fêtes doivent donc se réinventer : soirée de reconnaissance, souper-conférence, soirée spectacle, activité de consolidation d’équipe. « Certains clients demandent des DJ, mais on leur explique qu’ils ne pourront pas danser », précise Mme Pichon.

Chaque type d’événement possède ses propres règles, qui évoluent dans le temps. Pas facile de s’y retrouver pour les clients. « Le Lion d’or, qui n’est pas une salle de spectacle, mais un cabaret, n’est pas inclus dans les allégements », donne pour exemple son responsable des affaires, Akim Duquette. Les salles et les organisateurs d’événements doivent rester à l’affût, sans compter l’obligation de faire respecter les règles en vigueur durant l’événement.

Incertitudes et hésitations

Alors qu’on pensait que les gens auraient hâte de se retrouver, ce n’est pas la ruée pour réserver des événements en personne. « Cette année : pas de grosses bannières, pas de banque, pas de franchise. Les réservations proviennent principalement de petites compagnies indépendantes. Les groupes sont petits et moins rentables. La main-d’œuvre est difficile à trouver et les coûts augmentent partout », se désole Fanoue Fortier, en charge de l’administration à l’Espace Canal.

Plusieurs clients sont en effet hésitants, même si le rythme des réservations est meilleur que l’an dernier, surtout depuis les dernières annonces. « Les gens s’informent, mais sont réticents à signer des contrats »,ajoute Mme Pichon. « Nous avons reçu beaucoup d’appels dans la dernière semaine et six nouvelles demandes, seulement aujourd’hui », observe pour sa part Mme Fortier. Un peu d’espoir pour les salles, donc, alors que celle-ci raconte avoir encaissé trois annulations coup sur coup au moment de l’annonce de l’entrée en vigueur du passeport vaccinal.

Au Groupe Juste pour rire, qui offre un spectre assez large de services (de l’embauche d’un humoriste dans un événement existant à un service clés en main) à des clients de toutes tailles et de tous budgets, on remarque une augmentation de la demande, sans toutefois de retour à la normale.« Les gens sont organisés et plus prêts que l’an passé », observe Marie-Julie Larivière, directrice de Juste pour rire Spectacles.

Plusieurs salles et les organisateurs ont encore quelques bonnes disponibilités de la fin novembre à décembre. On remarque également une tendance à la hausse depuis deux ans de fêter au retour des congés, en janvier.

Événements variés et plan B

Les demandes des clients sont plutôt variées. Chez PPS Canada, on remarque un désir de tenir des événements en personne : 70 % des réservations sont en présentiel, et 30 % en virtuel. « On a beaucoup de demandes pour des thématiques, des activités de consolidation d’équipe, comme les gens ne se sont pas vus de l’année », remarque-t-elle. Ce genre d’activités peut facilement se faire dans les bureaux, à moins de frais que pour une location de salle.

En attendant de pouvoir se rassembler comme avant, certains décident d’économiser et de tenir un événement en virtuel. La demande pour les événements virtuels est d’ailleurs forte à Juste pour rire. Sans compter que pour plusieurs qui sont en télétravail depuis 18 mois, un gros événement en personne peut amener une certaine nervosité.

À la différence de l’an dernier, les acteurs de l’événementiel sont par ailleurs mieux préparés à faire face aux imprévus. « Cette année, on est bien formés pour l’option virtuelle de dernière minute. On a toujours un plan B », fait remarquer Valérie Pichon.

Une chose est certaine : tous désirent des précisions de la part du gouvernement, alors que le temps des Fêtes est une période cruciale pour la survie du milieu. « Les gens sont encore dans le néant », souligne la vice-présidente.

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