La Caisse investit dans une entreprise de crypto controversée

L’investissement de 400 millions est mené par WestCap, la société de capital de croissance de l’ancien chef des finances d’Airbnb Laurence Tosi, en partenariat avec la Caisse de dépôt et placement du Québec.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir L’investissement de 400 millions est mené par WestCap, la société de capital de croissance de l’ancien chef des finances d’Airbnb Laurence Tosi, en partenariat avec la Caisse de dépôt et placement du Québec.

La Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) vient de participer à un investissement de 400 millions de dollars américains dans Celsius Network, une plateforme d’intérêts et de prêts sur cryptomonnaies dans la ligne de mire des autorités de marché aux États-Unis.

L’investissement mené par WestCap, la société de capital de croissance de l’ancien chef des finances d’Airbnb Laurence Tosi, en partenariat avec la Caisse, établit une valeur totale de trois milliards de dollars américains à la fintech fondée en 2017.

« La technologie des chaînes de blocs présente un potentiel perturbateur pour plusieurs secteurs de l’économie traditionnelle, commente Alexandre Synnett, premier vice-président et chef des technologies à la CDPQ, dans un communiqué. À mesure que le taux d’adoption des actifs numériques augmentera, nous avons l’intention de saisir les bonnes occasions d’investissement, tout en travaillant avec nos partenaires pour réglementer l’industrie. »

La transaction survient un mois après que Celsius s’est retrouvée dans la ligne de mire des autorités de marché du Texas et du New Jersey. Elles allèguent que le versement d’intérêts sous forme de la cryptomonnaie émise par Celsius, le CEL, constitue une offre de valeur mobilière non enregistrée. L’entreprise conteste cette interprétation.

850 millions
C’est le montant en dollars américains qui correspond à la valeur des intérêts versés à l’entreprise depuis trois ans.

Celsius Network se spécialise dans les dépôts et les prêts de cryptomonnaies, comme le Bitcoin ou l’Ethereum. Plus d’un million de clients sont inscrits sur sa plateforme, selon la fintech, qui dit avoir un actif total de 25 milliards de dollars américains.

Une partie de son modèle d’entreprise repose sur son compte de cryptomonnaies offert aux particuliers, mais elle offre aussi d’emprunter en utilisant des cryptomonnaies comme actif collatéral.

L’entreprise prête les cryptomonnaies déposées aux investisseurs institutionnels. Elle affirme que 80 % des sommes tirées de cette activité sont remises aux déposants sous forme d’intérêts. Les 20 % restants servent à financer son développement. Depuis trois ans, elle affirme que la valeur des intérêts versés équivaut à 850 millions de dollars américains.

Les comptes versant des intérêts sur les dépôts de cryptomonnaies ont gagné en popularité auprès des adeptes de cette technologie dans un contexte où les taux d’intérêt sur obligations et les produits bancaires traditionnels sont à un creux historique. Les taux d’intérêt de certains produits de Celsius Network peuvent s’élever jusqu’à 17 %.

Les 400 millions de dollars américains investis par la Caisse et son partenaire permettront à la fintech d’embaucher de nouveaux employés et de développer de nouveaux produits. Alex Mashinsky, chef de la direction de Celsius, juge cependant que cet investissement permettrait d’abord et avant tout de rassurer les régulateurs et de renforcer la crédibilité de son service. « Ce n’est pas le 400 millions de dollars américains [qui est important], répond-il à un journaliste du Financial Times. C’est la crédibilité qui vient avec les gens qui signent le chèque. »

17%
C’est le pourcentage auquel peut s’élever le taux d’intérêt de certains produits de Celsius Network.

La Caisse et WestCap ont toutes deux exprimé leur confiance envers l’entreprise et ont assuré que la fintech collaborait avec les organismes réglementaires. « Celsius est le principal prêteur de cryptomonnaies au monde et possède une équipe de direction solide qui place la transparence et la protection de la clientèle au cœur de ses activités », dit M. Synnett.

 

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