Le Canada est à la traîne sur la finance durable

Les auteurs du rapport se sont entretenus avec 34 membres de la communauté financière, dont le gouverneur de la Banque du Canada, Tiff Macklem.
Photo: Eric Piermont Agence France-Presse Les auteurs du rapport se sont entretenus avec 34 membres de la communauté financière, dont le gouverneur de la Banque du Canada, Tiff Macklem.

Le Canada prend du retard en matière de finance durable et l’industrie financière doit accélérer le pas, selon un rapport dévoilé jeudi par l’Institut de la finance durable.

L’institut associé à la Smith School of Business de l’Université Queen’s, situé à Kingston, en Ontario, fait le suivi des 15 recommandations formulées par le Groupe d’experts sur lafinance durable publiées en 2019. « Bien que la publication du rapport ne remonte qu’à deux ans et que nous soyons aux prises avec une pandémie depuis un an et demi, il est clair que les progrès sont trop lents et qu’il y a encore beaucoup à faire », peut-on lire dans le document.

Les auteurs se sont entretenus avec 34 membres de la communauté financière, dont le gouverneur de la Banque du Canada, Tiff Macklem.

 

Pour Roger Beauchemin, chef de l’exploitation et chef de la direction financière chez Addenda Capital et membre du comité consultatif de l’Institut, il y a « urgence ». « Il faut accélérer le pas parce que c’est essentiel à la compétitivité du Canada. Si on ne prend pas la vitesse “grand V”, le Canada va prendre un retard. » C’est déjà vrai par rapport au Royaume-Uni et à l’Union européenne. « Il faut être plus déterminé. »

C’est notamment le cas pour le débat à savoir s’il faut privilégier le rendement ou l’investissement durable. La responsabilité fiduciaire des gestionnaires de portefeuille est de prioriser le rendement de leurs déposants. Ces deux points sont complémentaires, mais ce constat n’est pas aussi clairement appliqué dans la réglementation canadienne, estime M. Beauchemin. « Il faut éclaircir la responsabilité fiduciaire. Il faut dire clairement aux investisseurs [institutionnels] que de considérer les aspects de durabilité, c’est complètement aligné avec les intérêts de nos clients. »

La finance durable doit être comprise comme étant plus large, ajoute M. Beauchemin. « Il faut regarder la durabilité au-delà du climat. Il faut regarder les aspects sociaux, la justice sociale de la transition », la biodiversité.

 

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