L’inflation reste sous contrôle selon le FMI

La forte augmentation des prix de l’alimentation, du logement, de tout ce qui requiert des composants électroniques ou encore, plus récemment, des carburants, ne s’est pas transmise aux autres secteurs de l’économie, notamment les salaires, et devrait commencer à s’atténuer bientôt, y prévoit-on.
Photo: Juan Monino Getty Image La forte augmentation des prix de l’alimentation, du logement, de tout ce qui requiert des composants électroniques ou encore, plus récemment, des carburants, ne s’est pas transmise aux autres secteurs de l’économie, notamment les salaires, et devrait commencer à s’atténuer bientôt, y prévoit-on.

L’actuelle envolée de l’inflation devrait être temporaire, réitère le FMI, mais mieux vaut quand même rester prêt au cas où les choses tourneraient mal.

L’inflation atteindra bientôt un sommet avant de revenir graduellement à la normale au cours de la première moitié de l’année prochaine, conclut le Fonds monétaire international (FMI) dans une analyse dévoilée mercredi en vue de la prochaine mise à jour de ses perspectives économiques.

Source grandissante d’inquiétude pour les ménages, les pouvoirs publics et plusieurs experts, la forte augmentation des prix de l’alimentation, du logement, de tout ce qui requiert des composants électroniques ou encore, plus récemment, des carburants, ne s’est pas transmise aux autres secteurs de l’économie, notamment les salaires, et devrait commencer à s’atténuer bientôt, y prévoit-on. Il n’y aurait, ainsi, pas plus d’une chance sur dix pour que l’inflation annuelle moyenne dans les pays développés soit toujours au-dessus de 3,4 % à la fin de l’année, et elle devrait être revenue à 2 % au cours des six premiers mois de 2022.

Variable selon la réalité particulière de chaque pays, ce retour graduel au niveau d’inflation d’avant la pandémie de COVID-19 découlera entre autres de l’effet bénéfique des vaccins sur la reprise économique, de la réduction graduelle des mesures d’aide et de stimulation des gouvernements et des banques centrales, ainsi que de l’atténuation de problèmes temporaires, comme les perturbations des chaînes d’approvisionnement. Il tient aussi à ce que les experts appellent : « l’ancrage des anticipations », c’est-à-dire la confiance que les consommateurs, les entreprises et les marchés financiers ont que les banques centrales sauront, tôt ou tard, faire ce qu’elles font depuis des années, soit ramener et maintenir l’inflation autour de leur cible de 2 %.

Risques persistants

 

Toutes « ces projections sont toutefois entourées de considérables incertitudes », admet le FMI. Il n’est pas impossible, par exemple, qu’une flambée des prix des aliments, du logement ou des matières premières contribue à maintenir l’inflation plus haut et plus longtemps que prévu. La situation deviendrait beaucoup plus problématique encore s’il fallait que ce prolongement mène à un « désancrage des anticipations » et produise une « spirale inflationniste autorenforçante ».

Bien que fort peu probable, une telle cascade d’événements pourrait arriver presque sans qu’on s’en rende compte, prévient le FMI. Les pouvoirs publics doivent se méfier de ces phénomènes apparemment « bénins, lorsque pris individuellement », mais qui, en se combinant, pourraient se transformer en « tempête parfaite ».

Le FMI en tire quatre leçons. La première est que les banques centrales ne peuvent pas se contenter de suivre les facteurs fondamentaux de l’inflation. Elles doivent aussi se donner des indicateurs du niveau d’ancrage des anticipations et se tenir prêtes à agir dès que les acteurs économiques semblent commencer à douter de la trajectoire à long terme des prix et salaires ou que les gouvernements s’engagent sur la pente glissante « des déficits non viables ».

L’Histoire a également montré qu’il était important non seulement d’avoir les bonnes politiques monétaires, mais aussi de les expliquer et de communiquer clairement.

De plus, les banquiers centraux doivent trouver cet « équilibre délicat entre soutenir patiemment la reprise et être prêts à agir rapidement » dès que la situation menace d’échapper à leur contrôle. Le conseil est bon aussi pour les gouvernements.

Il faut finalement adapter son analyse et ses actions aux forces et faiblesses propres à son économie. Il y a de grandes différences entre les pays en même temps qu’un grand besoin de coordination et de coopération entre eux sur toutes ces questions, rappelle le FMI.

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