TCI défend ses efforts contre le CN

Le CN s’en était pris à TCI ces derniers jours, l’accusant de faire des allégations fausses et trompeuses et d’être en conflit d’intérêts.
Photo: iStock Le CN s’en était pris à TCI ces derniers jours, l’accusant de faire des allégations fausses et trompeuses et d’être en conflit d’intérêts.

La course aux procurations entre la Compagnie des chemins de fer nationaux du Canada (CN) et un de ses actionnaires s’est envenimée mardi, TCI Fund Management s’étant défendue contre « des informations inexactes et trompeuses » au sujet de ses efforts.

L’investisseur activiste établi au Royaume-Uni a expliqué que sa demande pour la tenue d’une assemblée extraordinaire des actionnaires en mars, afin de tenter de faire élire quatre nouveaux administrateurs et demander un changement de chef de la direction, visait à demander des comptes au conseil d’administration du Canadien National.

Sur la bonne voie

 

« Un nouveau conseil d’administration de grande qualité, doté d’une vaste expérience et d’une vaste expertise dans le domaine ferroviaire, aidera le CN à être mis sur la bonne voie au profit des économies, des expéditeurs, des employés et des actionnaires du Canada et des États-Unis », a affirmé dans un communiqué le fondateur et associé directeur de TCI, Chris Hohn.

Le CN s’en était pris à TCI ces derniers jours, l’accusant de faire des allégations fausses et trompeuses et d’être en conflit d’intérêts. Le chef de la direction du Canadien National, Jean-Jacques Ruest, avait alors affirmé qu’il ne céderait pas « aux arguments non fondés et de mauvaise foi qui servent les intérêts d’un actionnaire plutôt que d’autres ».

Mardi, TCI a rejeté l’allégation du transporteur ferroviaire selon laquelle il serait en conflit d’intérêts en étant le plus grand actionnaire de son rival, le Chemin de fer Canadien Pacifique (CP), en plus d’être le deuxième plus grand investisseur dans le CN. TCI fait valoir qu’il n’est pas un « actionnaire dissident » qui n’a acquis sa participation que récemment pour tenter de prendre le contrôle effectif du chemin de fer. Il assure détenir des actions du CN depuis 2018 et chercher à améliorer la valeur pour tous les actionnaires.

Issue positive

 

TCI a entrepris ses efforts dans la foulée de l’offre d’achat infructueuse de 33,6 milliards de dollars américains que le CN avait présentée pour faire l’acquisition du chemin de fer américain Kansas City Southern (KCS).

Le CN a souligné que l’issue de cette opération ratée avait été positive, puisque le transporteur avait obtenu une indemnité de rupture de 700 millions de dollars américains lorsque KCS a déterminé qu’une offre rivale du CP était supérieure. Cependant, TCI estime que « la tentative infructueuse du CN pour acquérir KCS était imprudente et révélait une incompréhension fondamentale de l’industrie ferroviaire et de l’environnement réglementaire », notant que le CN aurait aussi pu être obligé de payer deux milliards de dollars américains en indemnité de rupture.

La tentative infructueuse du CN pour acquérir KCS était imprudente et révélait une incompréhension fondamentale de l’industrie ferroviaire et de l’environnement réglementaire

 

Le fonds d’investissement indique également que la performance opérationnelle et financière du CN est à la traîne par rapport aux autres grands chemins de fer, que ses administrateurs n’ont aucune expertise opérationnelle approfondie en matière de chemin de fer, que le transporteur a été victime d’un exode des cerveaux et que son conseil d’administration a échoué à deux reprises à nommer un chef de la direction de classe mondiale.

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